Dans l’Évangile, nous trouvons des pharisiens qui cherchent à mettre Jésus à l’épreuve. Leur question est vraiment théorique. Ils savent parfaitement qu’aimer Dieu est le commandement suprême ; tous les juifs pieux ont l’habitude de prier chaque jour avec ce passage de l’Écriture. Le piège tendu à Jésus visait son enseignement et ses actes. Ses adversaires le voyaient accomplir chaque jour des œuvres de miséricorde ; il était très proche des blessés de la vie, des malades et des égarés. Il guérissait le jour du Sabbat. On lui reproche d’en faire trop au détriment de la loi de Dieu. Dans sa réponse, Jésus lui rappelle ce qui est dit dans le livre du Deutéronome : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». Il aurait pu s’arrêter là, mais il ajoute quelque chose qui n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : « le second commandement lui est semblable… Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Jésus met ces deux commandements ensemble pour nous révéler qu’ils sont inséparables et complémentaires. On ne peut aimer Dieu sans aimer le prochain. Et on ne peut aimer le prochain sans aimer Dieu. Pour vivre cet Évangile, c’est vers Dieu que nous nous tournons. Ce qu’il nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout. Au soir du jeudi saint, il disait : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Il ne s’agit plus s’une simple loi écrite mais d’une personne qui se donne. Le Christ continue à insuffler son Esprit Saint à ses amis pour animer leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Il s’identifie à notre prochain et il nous appelle à le reconnaître dans les autres. Ce que nous avons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’avons fait.
Cet appel à aimer Dieu et le prochain nous rejoint actuellement dans un monde dur et violent. Tous les jours, on nous parle de guerres, de violences et d’exécutions sommaires. Tout cela est absolument intolérable. La première lecture nous parlait de respect de l’immigré. À travers lui, c’est aussi le Christ qui est là. Nous pensons aussi à de nombreux jeunes et même des enfants qui commettent des actes qui empoisonnent la vie des autres. Nous nous sentons bien démunis face à toutes ces situations. Mais un jour, Mère Teresa de Calcutta nous a donné son témoignage : une sœur venait de lui faire part d’un problème difficile. Mère Teresa décide alors que la communauté passerait une heure de plus en adoration devant le Saint Sacrement. C’est auprès du Seigneur que nous apprenons à aimer comme lui et avec lui.
Dans les différents passages des évangiles, on voit Jésus rencontrer beaucoup de personnes différentes ; on le voit réagir en fonction de leur sincérité ou non-sincérité -quand il s’agit des docteurs de la Loi, ça se passe rudement le plus souvent.
Le thème de l’échange concerne la Loi de Moïse, et ses plus de 600 commandements… les spectateurs de la scène sont des personnes les ayant reçus comme des règles de bonne conduite qu’ils s’attachent à respecter.
Bien qu’interrogé malhonnêtement, Jésus en profite pour passer son message, qui nous garde de nous perdre dans une dérive légaliste qui consisterait à attacher plus d’importance à la lettre de la règle qu’à son esprit ; pour le faire il en exhibe deux (alors qu’on lui en demandait un seul…), les deux mettent l’Amour au centre : amour de Dieu, amour du prochain, amour de soi-même.
Un certain légalisme peut mener à différente formes de fanatisme, le contrepoison nous est donné par le Christ lui-même qui nous envoie vers le prochain en nous disant que c’est le chemin de l’amour de Dieu.
Seigneur, dérange-moi de mon petit monde agrémenté de religiosité confortable, ta Parole me dit de prendre soin de mon prochain, quel qu’il soit, à le considérer comme une personne digne d’être aimée. Un chemin que je dois m’efforcer de prendre.
L’humanité est en butte avec beaucoup de crises où le mal joue sa partie : fanatismes religieux, meutes haineuses sur les réseaux sociaux, crises et dérives économiques, dérives nationalistes, crise écologique, crise de la solidarité… tout cela dans un contexte général de crise sanitaire ; en même temps la fraternité est vécue et promue par de nombreux acteurs, puissions-nous nous laisser entraîner à leur exemple.
Comme la semaine dernière à propos de l’impôt » Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ……à Dieu « , Jésus est de nouveau mis à l’épreuve par les pharisiens. Encore une fois ils prennent un malin plaisir à prendre Jésus en défaut.
« Hypocrites ! Pourquoi voulez vous me mettre à l’épreuve ? Math 22, 15. Mais aujourd’hui ce n’est pas sur un sujet bassement matériel ou financier, non, c’est sur une question beaucoup plus sensible, profonde, intérieure. « Maitre dans la loi quel est le grand commandement » Math 22, 34.
Surprenant cette question de leur part. Animé par un esprit calculateur et tordu, tout compte fait ce docteur de la loi pose la bonne question. Comme quoi derrière un esprit tordu, se cache aussi de bonne question à prendre en compte et à élucider.
Comme quoi aussi ce type de comportement agaçant, provocant, à la limite de l’hypocrisie, a du bon, je veux dire par là qu’il nous oblige à nous booster et surtout à apporter une réponse claire, précise et sans détours .
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur ». C’est clair, il n’y a pas à tergiverser midi à 14 h.
Et pour enfoncer le clou un peu plus profond : « Tu aimeras ton prochain comme toi même « .
A la théorie, la pratique de suite.
Pour notre interlocuteur c’est bien beau d’énoncer le grand commandement, mais l’appliquer de suite c’est mieux. C’est notre TP (travail pratique) avec application immédiate.
Aujourd’hui encore, après cette semaine bouleversante, le Christ vient nous dire : Aime, Aime ton prochain, quel qu’il soit et sans restriction, arrête ton boniment , Aime, c’est certainement impossible pour toi aujourd’hui, mais demain avec moi c’est possible, fais moi confiance .
Jean-Pierre Ricome
Le texte commence d’une manière surprenante: Les pharisiens montent au créneau pour mettre Jésus à l’épreuve quand ils « apprennent que Jésus avait fermé la bouche aux Sadducéens ». Ces 2 groupes de Juifs ne s’entendent pas bien, ils s’étripent sur la résurrection des morts…, mais ils se liguent pour tuer Jésus. Le mal rassemble facilement. Attention à ce qui nous rassemble!
Les pharisiens demandent « Dans la loi quel est le grand commandement?»
Ils avaient vu Jésus guérir le jour du Sabbat, jour de repos consacré à la relation à Dieu. Ses disciples avaient arraché et mangé des épis de blé un jour du Sabbat. Ils ne faisaient pas les ablutions rituelles avant de passer à table etc. Jésus, pour les Pharisiens, ne respecte pas bien la loi et ses 613 commandements.
Jésus répond : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces 2 commandements dépend toute la loi et les prophètes.»
En d’autres termes il leur dit: l’essence de la loi est l’amour, l’ouverture à l’amour de Dieu pour le redonner aux frères. S’il y a 613 commandements c’est pour nous guider vers l’amour du frère. Respecter la Loi n’est pas rentrer dans une relation comptable avec Dieu en accomplissant des rites qui enferment et culpabilisent fatalement. Saint Paul le redira clairement.
Mais suivre la loi, c’est guérir quelqu’un qui souffre même le jour du Sabbat consacré à Dieu, c’est assister ses parents nécessiteux avant de donner l’argent aux religieux, …c’est puiser à la source d’amour du Père qui est Vie pour aider, aimer ses frères librement.
Cet évangile est extrêmement court. L’objectif de ceux qui s’opposent à Jésus est toujours le même : Mettre Jésus à l’épreuve et le prendre en défaut. La question du jour concerne la loi. Lui à qui on a si souvent reproché de ne pas respecter le sabbat, que va-t-il répondre ?
A la question de savoir quel est le plus grand commandement, Jésus n’a qu’une réponse : c’est l’amour. L’amour de Dieu, l’amour du prochain. L’amour avec un grand A.
La réponse de Jésus est universelle, elle peut atteindre chaque être, quelle que soit sa culture, sa religion, son âge. Pour moi, catholique, elle m’interpelle plus particulièrement et me pose la question du culte, du dogme, de la pratique. Est-ce que la pratique du culte me permet de vivre ces 2 commandements ? Est-ce que l’Eucharistie me conduit vers mes frères ? Est-ce que la méditation de l’Ecriture m’aide à accueillir comme richesses les différences de celui vers qui je suis envoyée ?
Les 2 commandements que Jésus cite sont un concentré d’Evangile. Je ne peux pratiquer l’amour que décrit Jésus avec mes seules forces humaines, mais cela devient possible par la force de l’esprit saint, lorsque j’en demande la grâce dans la prière.
