partage d’évangile du dimanche 21 mars, « Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 20-33)

Le prophète Jérémie annonce une nouvelle alliance. La loi sera inscrite au plus profond de chaque homme, sur son cœur. L’ancienne alliance est inscrite sur les tables de la loi que Moïse a reçues et qui se transmettent de génération en génération. Aujourd’hui, la loi est inscrite en notre cœur, c’est un pacte d’amour que Dieu a signé avec l’humanité en envoyant son fils parmi nous. Chacun reçoit intimement la présence du Seigneur en lui. « Tous me connaitront, des plus petits jusqu’aux plus grands. »  Mais prenons nous la peine, le temps, de découvrir celui qui est venu habiter en nos cœurs ? Celui qui transforme nos relations ? Celui qui nous relie directement au Père créateur dans un don d’amour infini ? Prenons nous la mesure de cette dimension infinie de nos vies ? Oui, la source a été déposée en nos cœurs, n’ayons pas peur d’y puiser sans cesse, pour nourrir notre espérance, trouver la joie, construire chaque jour le royaume en nos vies.
L’évangile nous offre cette belle image du grain de blé. Un grain de blé minuscule, tout seul, qui disparaît en terre pour donner naissance quelques mois plus tard à une belle plante. C’est toujours le grain de blé et pourtant si différent à nos yeux ! A l’image du Christ sur le chemin d’Emmaüs que ses disciples n’ont pas reconnu… C’était pourtant lui ! Il faut que le grain tombe en terre pour donner du fruit. Il faut que le Christ meure pour pouvoir se relever. « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » C’est ce que nous entendions dans les textes de dimanche dernier : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Qu’il en soit ainsi de chacune de nos vies. Œuvrons à cette transformation, jour après jour. Préparons nous à renaitre en Christ, accueillons sa présence en nos cœurs.  Aux grecs qui voulaient voir Jésus, il répond : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive… Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »  Oui, le Seigneur est bien le chemin qui nous conduit au Père. N’ayons pas peur de vivre en proximité avec lui chaque jour, d’entendre son appel et d’y répondre, d’écouter son message inlassablement.
N’ayons pas peur de vivre par lui, avec lui et en lui !

A la demande de Juifs de langue grecque, Jésus cherche à révéler son vrai visage. « L’heure est venue où le fils de l’homme va être glorifié »= Il va rayonner de la présence, de l’amour de son Père au moment de sa mort. Jésus utilise alors l’image du grain de blé. Dans le grain il y a la force de vie que Dieu donne à chaque instant. Cette force pousse le grain à se défaire de ses réserves pour donner vie à un autre être, la plante.
 Jésus se donne, se vide, entièrement par amour, et la Vie va passer en nous si nous l’accueillons. La croix est le terme d’une vie  toute donnée. Jésus désire entrainer ses disciples à sa suite. Mais de manière touchante, Jésus est ramené par la pensée à sa réalité: Il prévoit la violence de sa mort.
Dans une angoisse toute humaine (« mon âme est bouleversée. Que vais-je dire? «  Père sauve moi de cette heure »? – Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! ») Jésus appelle son Père à l’aide: «  Père, glorifie ton nom !» ce qui signifie : Père, que ta présence (le Nom)  m’illumine!
Et le Père répond: « Je l’ai glorifié et le glorifierai encore. » ce qui signifie: ma présence a illuminé et illuminera encore la vie de Jésus et le monde. Cette parole est adressée à la foule pour qu’elle comprenne que le Père est présent, que le mal sera vaincu.
Pour moi, aujourd’hui: Le don total du Christ pour me conduire au Père, est toujours un grand mystère, source de méditation, de prière,  mais je crois profondément que, la croix, le don aux autres est le chemin de ma vérité, un chemin de bonheur. Il n’est possible que dans un compagnonnage avec le Christ par la foi.
Martine Vercambre

Relisons la merveilleuse promesse que nous révèle texte du prophète Jérémie. « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je l’inscrirai sur leur cœur. » Voilà l’essentiel de la Nouvelle Alliance. La réalisation de la Nouvelle Alliance passe par le sacrifice de Jésus qui donne sa vie pour le monde sur la croix. Jésus en parle comme de son Heure. Il prie pour pouvoir vivre cette Heure avec détachement et dans l’abandon total à la volonté de son Père. Cet abandon est reconnu et loué par la voix – celle de son Père – qui se fait entendre dans le récit de l’évangile, qui dit : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». Jésus compare son Heure au parcours d’une semence mise en terre. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Cette image est des plus parlantes. La semence est remplie de vie et de puissance de vie nouvelle, pourtant elle doit être enfouie en terre, se laisser défaire pour pouvoir donner toute son énergie à de nouvelles pousses qui apparaîtront petit à petit. Ainsi de la mort de Jésus, elle est une semence. Sur la croix Jésus est non seulement élevé, mais son humanité est enfouie dans la masse humaine. Il porte toute l’humanité en lui avec ses limites et ses faiblesses. Il porte les péchés du monde. Il s’est abandonné à la volonté de son Père. C’est pourquoi, celui-ci le ressuscitera après trois jours et sa mort deviendra ainsi le début d’une vie nouvelle où, ressuscité par la puissance de Dieu, il entraîne derrière lui tous ceux et celles qui l’acceptent comme le Seigneur de leur vie, en nous associant à lui par le Baptême. Par ce sacrement, la personne qui s’avance est plongée dans l’eau avec le Christ, lavée de ses fautes et elle naît à une vie nouvelle avec le Christ ressuscité comme on l’explique aux futurs baptisés qui, pendant le carême, s’y préparent et qui vivront leur baptême lors de la Vigile pascale. C’est dans le sillage de cette transformation qui ressemble à celle de la semence que toute la vie du baptisé sera désormais, en union avec le Christ et à sa suite, une vie pour Dieu. Demandons au Seigneur aujourd’hui d’entrer avec tout notre cœur dans cette Nouvelle Alliance avec Dieu que Jésus est venu établir et de laquelle nous sommes partie prenant depuis notre baptême.

Après l’euphorie et l’enthousiasme de l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem (Jn 12,12) des grecs abordent Philippe, « nous voudrions voir Jésus  » Jn 12,21, surprenante demande et est ce bien le moment ? En effet pour  Jésus  commence l’épreuve cruciale, « maintenant mon âme est bouleversée, Père sauve moi de cette heure… ». Jésus est dans l’incapacité de les recevoir, lorsque vous êtes dans la tourmente, vous n’avez pas le cœur, la force pour recevoir, accueillir, écouter. Cette surprenante demande me fait penser au cortège des personnes qui viennent au chevet des malades mourants, visiteurs de dernière minute ,
et grands absents durant les années de maladies . Quelle indécence ! La demande de ces grecs est de cet ordre.   » Que vais-je dire  » Jn12, 27. Au cœur même de sa tourmente, faudrait il encore que Jésus s’explique, se justifie ? C’est un comble et c’est bien là, la nouvelle alliance annoncée par le prophète Jérémie 31,31.  Finies les directives, leurs
savantes interprétations, et  leurs rigides applications de l’ancienne alliance. La nouvelle
alliance est bien là, c’est Jésus  au cœur de la tourmente, magnifique d’obéissance conduite à sa perfection  (He 5,7)  dans l’accomplissement de la volonté de son Père.
Tournons nous vers la croix  et laissons nous saisir, il n’y a plus lieu d’instruire (Jr 31,34), simplement regarder, se tourner, et se laisser saisir. Prions avec le psaume 50  » rends moi la joie d’être sauvé » .Prions avec  l’épitre aux Philippiens Ph2,6-11.
 Bonne fin de carême, on tient le bon bout.
Jean-Pierre Ricome

Des grecs demandent à voir Jésus ; le Jésus des miracles? Celui qui guérit les corps? Quelle soif, quelle recherche les interroge? Quelles sont leurs motivations? ils s’adressent à Philippe ; saint Jean souligne ses origines : la Galilée, terre où tout est mêlé, mini mondialisation porteuse de tous les problèmes. Philippe et André ne posent pas de questions, ils sont le relais pour permettre l’accès à Jésus. Or la Pâque est proche et pour Jésus c’est « l’heure», le moment du don, «jusqu’à l’extrême», comme le dit Christian de Chergé, prieur de Tibhirine ; le moment de se détacher de sa vie, dans la logique de ce qu’il a vécu, cloué sur une croix …de quoi avoir l’âme bouleversée !
Et nous? Comment tenter de le suivre? Laisser s’inscrire la Loi, les mots et les actes de Jésus au fond de notre cœur. « Un coup de tonnerre, un ange qui parle » : la foule attend quelque chose d’extraordinaire ; nous aussi voudrions parfois du spectaculaire, nous nous laissons fasciner par ce qui est extérieur alors que Dieu nous rejoint dans le silence, le service humble, dans le quotidien donné, c’est là où se situe la gloire de Dieu. « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix mais pour vous » La mission de Jésus est de nous faire connaitre son Père et de quel amour Il nous aime, chacun, même « égaré » Il nous rend « la joie d’être sauvé »…
  » Le témoin n’est pas celui qui sait et qui dit ce qu’il a appris. Le témoin c’est celui qui voit et en cela il est un contemplatif de l’action de Dieu dans le monde…il dit ce qu’il voit ici et maintenant » Christian de Chergé

« Nous voudrions voir Jésus » demandent les Grecs ( Juifs de la diaspora). L’attention se concentre sur Jésus qui a été accueilli par l’acclamation hosanna (Sauveur, Messie.), quelques jours auparavant. Jésus déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’Homme va être glorifié ». Ce terme de glorifier nous le retrouvons plusieurs fois dans cet évangile  » Père, glorifie ton nom » et « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». Ce terme  de glorifier peut être traduit comme révélation de l’identité, de la divinité à la fois  du Père et du Fils. Le Père très aimant a conclu avec l’humanité une alliance d’amour, scellée par le sang de son Fils. Pour aller jusqu’au bout de cette révélation, Jésus accepte de subir la passion et la croix. Au moment de cet abandon, à cette heure divine, l’évangile décrit les sentiments qui habitent Jésus : 1) l’angoisse : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ?  Père, sauve-moi de cette heure ? »  2) la confiance et la docilité à son Père  « Mais non!  C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! » 3) la certitude  de la victoire  « Le  Prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.  » et, enfin  4) l’espérance que son sacrifice ne sera pas vain « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits. »Jésus était venu pour rendre témoignage à la Vérité, sa mission est maintenant accomplie. A nous, peuple de Dieu, de nous engager résolument et courageusement à sa suite pour transmettre le message de salut  à nos frères,  en invoquant l’Esprit Saint. Pour nous y aider, contemplons la croix, signe de l’amour infini du Père qui a sacrifié son Fils pour l’humanité et de celui de Jésus qui a accepté de mourir de la main des hommes pour les sauver.