Le hameau Le Crès, fut, par décret du Président Adolphe Tiers, distrait de Castelnau le 30 septembre 1872. Devenu indépendant, le premier dossier que traita la commune naissante fut celui du transfert du cimetière, situé alors dans jardin du presbytère, vers son emplacement actuel. A cette occasion, l’abbé Maximilien Bancal curé du Crès et M. Eugène Reboul maire, décident d’ériger une croix au sommet d’une colonne en calcaire, au centre de ce nouveau lieu « consacré au repos éternel ». Voici le texte relatant, dans les archives paroissiales, la bénédiction solennelle dont bénéficièrent, le 14 avril 1873, croix et sépultures. « L’an mille huit cent soixante-treize et le quatorzième jour du mois d’avril, nous soussignés, curé de Saint-Martin du Crès, délégué par Monseigneur François Marie Joseph Le Courtier, évêque de Montpellier, avons procédé à la Bénédiction Solennelle du cimetière nouvellement établi dans la paroisse. Nous avons été assistés, en cette belle et imposante cérémonie, par M. l’abbé Bec, curé doyen de Notre-Dame des Tables, Montpellier, qui a bien voulu adresser quelques touchantes paroles à nos bien-aimés paroissiens et par MM. l’abbé David et l’abbé Tasson, vicaires à Notre-Dame des Tables, chargés de la haute direction de cette cérémonie. Tous nos paroissiens, sans exception, se sont fait un devoir d’assister à la bénédiction du nouveau cimetière, à laquelle avaient bien voulu s’adjoindre des députations nombreuses de toutes les paroisses voisines et notamment de Montpellier. La cérémonie s’est accomplie selon les rites prescrits par le Saint Canon. Elle a été clôturée par la Bénédiction du Très Saint Sacrement. M. le curé a profité de cette circonstance pour engager les paroissiens à garder le souvenir de cette fête et à vivre de manière à mériter le bienfait de la résurrection glorieuse. » Agée, de bientôt, 150 ans, la croix et son socle présentaient, avec l’usure du temps, des signes d’usure et de faiblesse avec un risque de rupture. Aussi, la municipalité a pris récemment, dans son objectif de mise en valeur de son patrimoine cultuel, la décision de la faire restaurer. Avec son retour dans quelques semaines, ce sera un beau cadeau d’anniversaire et un beau témoignage du respect et souvenir dû à nos ancêtres.
Pierre Reboulin
