GRAND PASSAGE
Voici que l’obscurité cède le pas à la lumière !
Voici que l’incroyable espérance se réalise : la souffrance ne gagnera pas, la
mort n’aura pas le dernier mot…
Voici qu’un homme surgit du gouffre du tombeau pour nous tendre la main.
Voici qu’en se relevant de la mort, le Christ va nous relever par le même
mouvement.
C’est la nuit du Grand Passage qui s’annonce.
Cette nuit qui vient est la nuit de la divine espérance : nous arrivons des
déserts de nos carêmes avec le poids de nos vies. Nous savons que nombre
d’entre nous ne sont pas épargnés par le tragique de l’existence. Chômage,
maladie, mort brutale surgissant toujours trop tôt, amours qui ne se disent
plus ou si peu, pardons impossibles, claquemurés dans le ressentiment,
incompréhensions mutuelles en famille, au travail, entre parents et enfants,
solitude…
Nous savons combien la trame de nos vies est – inévitablement – tissée
d’obscurité…
La grande, la bonne nouvelle de cette nuit pascale qui se fait proche et
«porche», la voici : par la folie de la croix, voici que le propre Fils de Dieu
vient nous prêter main forte.
Son épaule est solide qui vient porter nos propres croix.
Le « Très Haut » se fait « Très Bas » pour mieux nous relever de sa main
vigoureuse. Il va nous tirer de nos abîmes.
Il est temps de refermer la page de nos Vendredi saint.
Il est temps de laisser notre cœur s’embraser au feu de l’Esprit.
Il est temps de nous laver l’âme et le cœur dans les eaux du baptême
nouveau.
Voici venu le temps de tous les commencements, cet instant où, quel que
soit notre âge, notre histoire, nos blessures, nos limites, Dieu vient nous
créer, nous re-créer, comme il créa le ciel et la terre.
Voici, pour nous toutes et nous tous, le temps de l’éveil, de la sortie de nos
nuits…
Bernard Révillon
