Notre foi est en partie basée sur des apparitions du Christ à ses disciples après sa mort comme ici, dans notre texte:
l’ apparition est inattendue (portes verrouillées, crainte…) calme (Jésus était là au milieu d’eux) apportant la paix, la joie. Jésus a le souci de se faire reconnaitre, il est bien celui qu’ils ont connu, il leur montre ses plaies. Puis il leur donne de la force (« recevez un souffle sacré »)
Et tout cela pour les envoyer remettre les péchés aux hommes. Qu’est ce que cela signifie pour moi?
Décharger les hommes du mal qu’ils ont fait ou reçu en les accueillant, en portant ce mal avec eux, mal qui enferme, pour que les hommes libérés, puissent repartir, plus ouverts aux autres et à Dieu. Ce fut le but de la vie et la mort du Christ. Il nous demande de le continuer
Thomas, l’esprit qui désire des preuves matérielles est accueilli avec tendresse par le Christ.
Oui, le Jésus que tu as connu est bien vivant, il sait même que tu en doutes et t’aide à en sortir, mais Jésus lui conseille de privilégier l’accueil au doute! C’est aussi pour nous!
Martine Vercambre
Nous lisons ce dimanche un des passages des évangiles, devenu proverbial. Combien de fois n’avons-nous pas dit : « Moi, je suis comme Thomas, si je ne touche pas, je ne crois pas. » Pourtant, aujourd’hui ce n’est pas de Thomas que je voudrais vous entretenir mais d’un détail important noté par l’évangile : cela s’est passé « le premier jour de la semaine », c’est-à-dire un dimanche !
Au cours de l’histoire de la liturgie chrétienne, le deuxième dimanche de Pâques a reçu différents noms. Jusqu’à Jean-Paul II qui l’a déclaré en 2000, « le dimanche de la miséricorde », mais pourquoi pas ne pas l’appeler : « le Dimanche des dimanches. »?
L’évangile que nous lisons montre Jésus qui apparaît le soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le jour qui suit le repos du sabbat. Il nous est raconté qu’en ce « premier jour de la semaine », il dit aux apôtres : « La Paix soit à vous ». Et il souffle sur eux pour leur donner l’Esprit Saint, avec ces mots : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leurs seront remis. »
Le texte note alors que Thomas n’était pas là. Jésus va lui apparaître plus tard. L’apôtre lui touchera ses plaies glorieuses et s’écriera : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Oui, mais remarquons que Jésus attend huit jours pour apparaître à Thomas. Pourquoi ces huit jours ? Pour marquer un rythme fondamental. Lorsque je parle de « dimanche des dimanches » , c’est pour faire ressortir que désormais c’est le Christ ressuscité lui-même qui donne la cadence essentielle de la vie chrétienne. Les apôtres prendront dès lors l’habitude de se réunir tous les dimanches. Ils viendront se rassembler pour célébrer le Christ ressuscité tous les dimanches, car c’est ce jour là que la résurrection a été manifestée.
D’ailleurs, ce qui est important, c’est que contrairement à ce que l’on a souvent l’habitude de croire, ce qui est premier le dimanche n’est pas d’abord de célébrer l’eucharistie. Même si l’eucharistie est célébrée normalement le dimanche, elle est le couronnement de ce qui est premier, c’est-à-dire que dès qu’ils le peuvent, en dehors des guerres et des épidémies, les chrétiens se rassemblent le dimanche pour dire leur foi en la résurrection de Jésus. Ce rassemblement, c’est l’assemblée qui fait la confession de foi et la manifestation du Christ ressuscité. C’est ce que nous faisons aujourd’hui encore, virtuellement et par les canaux des médias. C’est le rassemblement de la communauté le dimanche à la messe qui manifeste comme pour Thomas que la résurrection du Seigneur, qui anticipe la nôtre, est le fondement de notre vie chrétienne. En ce temps d’épreuve, unissons-nous d’autant plus fort dans la prière et l’espérance
Christian Chanliau
Comme les disciples nous sommes enfermés par crainte d’attraper ou de transmettre un mauvais virus. Pourtant Jésus nous rejoint où que nous soyons car nous prions en pensant les uns aux autres. Nous ne sommes pas réunis physiquement, mais en communion spirituelle ; Il est donc au milieu de nous, comme Il nous l’a dit.
Jésus nous envoie son Esprit pour que nous restions dans l’espérance. Ne répondons pas aux sirènes du complotisme : les Chinois ou d’autres auraient créé ce virus volontairement!!!
Faisons nôtre la prière de Saint Ephrem : « Ne me donne pas un esprit de paresse, d’agitation, de domination, de vaines paroles, mais fais-moi la grâce, à moi ton serviteur, d’un esprit de charité, d’humilité, de patience et d’amour ». Nous sommes des Thomas, mais patience, la résurrection viendra; Dieu nous donne la vie.
M.C. Arlery
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »
Actuellement on a envie de dire : Heureux ceux qui croient malgré ce qu’ils voient !
Le monde entier est plongé dans la souffrance : confinement, maladie, deuil, difficultés des soignants et des responsables politiques … L’homme n’est pas responsable de cette pandémie, il la subit.
Croyants, nous savons que Dieu est tendresse et pitié … qu’il n’est pas indifférent à cette situation, qu’Il est présent auprès de chacune de ses créatures. Offrons-lui les efforts de tous ceux qui veulent participer en aidant, en acceptant les contraintes demandées.
Privés de l’Eucharistie mais aidés et réconfortés par nos pasteurs, avec qui nous pouvons prier par internet et télévision, nous pouvons rendre grâce et confier au Seigneur tous ceux qui ne savent pas que Dieu les aime.
Monique Autès
Dans cette page de Saint Jean, ce qui m’a d’abord frappée , en cette période sombre, c’est un détail, mais qui me semble très important : « La Paix soit avec vous », répété à chacune de ses apparitions par Celui qui est remonté vers son Père mais qui revient au milieu de nous, en nous.
On ne peut que répéter avec Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. »
Élisabeth Viennot
Personne n’a vu Jésus entrain de ressusciter : mais il y a des témoins du « Christ ressuscité » : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’expérience de sa présence vivante au milieu d’eux. La page d’Évangile de ce dimanche en est l’expression : Je remarque que la rencontre du Christ ressuscité se fait en communauté, portes closes. Cela fait écho à deux phrases de l’évangile de Jean : « Lorsque tu veux prier retire-toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père dans le secret » et « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Dans la salle haute, il vont passer de la peur, à la confiance, leur vie va renaître au souffle de l’Esprit Saint. La première lecture de ce dimanche nous raconte comment la foi en Christ ressuscité a transformé la vie et le mode d’existence de celles et ceux qui adhéraient à cette foi. Ils vivent en fraternité et en communion , ils sont attentifs à l’enseignement des apôtres, ils rompent le pain, ils prient ensemble, ils mettent tout en commun. Voilà un mode d’existence qui devait sans doute être en rupture avec les mœurs de l’époque. En un mot, ils ont réussi à dominer la peur qui les étreignait et se sont risqués dans une vie transformée par l’amour.
Comme Thomas, nous croyons sans avoir vu. Mais nous voyons les fruits d’humanité que peuvent porter celles et ceux qui mettent leur foi en Jésus, Christ ressuscité.
Juste un mot de mon espérance pour le jour d’après confinement…Bien sûr j’ai hâte de vous retrouver….mais tout transformés par ce temps de relation personnelle avec le Seigneur, riches de toute cette bonté qui s’est vécue, tout heureux d’être disciples du Ressuscité, tellement heureux que nous saurons en être témoin.
P. Jacques Chanut
C’est après la mort de Jésus, les disciples sont réunis, les portes sont verrouillées, ils ont peur. Jésus vient et par deux fois, il leur dit « la paix soit avec vous ». Alors les disciples sont remplis de joie. Cette joie n’est-elle pas l’antidote de la peur ?
Puis Jésus souffle sur eux, par ce signe ils reçoivent l’Esprit, un avant-goût de Pentecôte !
La scène se reproduit huit jours plus tard, en présence de Thomas cette fois-ci, et Jésus accompagne Thomas, pas à pas, il le guide sur son chemin de foi jusqu’à ce que Thomas enfin le reconnaisse :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Seigneur, mon cœur est verrouillé par la peur, l’égoïsme, tout ce qui m’éloigne de Toi.
Et pourtant, tu n’attends qu’une chose : que j’ouvre mon cœur à ta présence, pour que tu puisses me faire don de ta Paix, souffler sur moi ton Esprit, me donner force, courage, confiance, et m’envoyer vers les autres.
Seigneur, tu veux que je croie, tu veux qu’en Toi et par Toi j’aie la Vie. Seigneur, viens ouvrir mon cœur, viens habiter en moi. Comme tu as accompagné Thomas, accompagne-moi Seigneur patiemment.
Aie pitié de mes doutes, de mes questions, de mes incertitudes, mène-moi vers la Vie, dans la confiance.
Sabine Llido
Cette apparition du Christ ressuscité à Thomas pousse au paroxysme le paradoxe d’un Christ ressuscité « présent-absent ».
Thomas l’incrédule voudrait toucher pour croire. Jésus comble son attente en venant à sa rencontre pour qu’il puisse voir le ressuscité de ses propres yeux. Mais finalement, Thomas ne va pas répondre à l’invitation de Jésus de toucher ses plaies.
Jésus vient dans le lieu de l’attente de Thomas. Mais la réponse que note l’évangéliste à propos de Thomas est une réponse de foi : « Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu » ».
Le Christ est venu jusqu’à Thomas pour que Thomas puisse reconnaître en Lui comment le Christ a transformé son besoin de toucher en acte de foi. Aujourd’hui aussi, le Christ vient combler notre manque de Lui par sa présence, mais nous ne savons pas comment, si ce n’est qu’il nous faut l’espérer.
Dominique Minot
Une phrase m’interpelle particulièrement, adressée aux apôtres « « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés,à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Je réfléchis; elle me paraît complexe au premier abord. Le projet de Dieu de remettre Son Amour au cœur de toute vie humaine n’est pas simple et pourtant, il est si beau. Mais il y a la deuxième partie de la phrase « ..péchés maintenus… » C’est vrai que le pardon a deux visages: d’une part, celui que nous demandent des personnes -même si c’est Dieu qui a la faculté de pardonner – et d’autre part le pardon que nous, nous demandons à Dieu. Pour ce dernier, s’il n’est pas toujours facile de reconnaître qu’on a pu avoir fait du mal à quelqu’un et de lui demander pardon et donc à Dieu, le pardon de Dieu nous est donné comme allant de soi avec la vie chrétienne, avec ce que nous pourrions appelés notre foi ; je trouve par contre que pardonner, c’est accepter la personne qui nous a fait du mal telle qu’elle est, être dans l’amour inconditionnel vis à vis d’elle. Et là pour avoir été dans cette position et actuellement, pour le voir dans mon entourage, c’est « le boulot » le plus difficile de mon point de vue. Ça peut prendre des années comme être toujours en cours; et là je comprends la phrase « à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus » : si une personne demande le pardon pour elle même mais n’est pas en mesure de l’accorder ( dans le sens indiqué ci dessus) aux personnes qui le lui demandent, est elle dans l’Amour du Christ ? Est elle en mesure d’accueillir Sa Paix ? Finalement, demander pardon ou pardonner, c’est toujours pour accueillir l’Amour et la Paix du Christ.
Merci Seigneur de m’accompagner sur le chemin du pardon aux deux visages avec Ta présence et Tes encouragements, quotidiens, dans Ton amour et dans Ta paix. Je t’aime Seigneur.
Martine Lizambert
En ce jour, notre regard se porte une fois de plus vers la première communauté des croyants. Comme eux, nous sommes invités à appuyer ma vie chrétienne sur quatre piliers :
– Fidélité à l’enseignement des apôtres pour approfondir ma foi et permettre à la bonne nouvelle de transformer notre vie de baptisés.
– Fidélité à la communion fraternelle pouvant aller jusqu’au partage des biens.
– Fidélité à la fraction du pain et donc à l’Eucharistie.
– Fidélité à la prière, soit à la maison, soit en communauté.
Ces quatre fidélités sont nécessaires. C’est grâce à elles que je pourrais donner le vrai témoignage de ma vie de baptisés.
Chaque dimanche, le même Seigneur ressuscité rejoint les communautés rassemblées en son nom pour l’Eucharistie. En cette période le confinement nous tient éloignés les uns des autres. Mais rien ne peut nous empêcher d’aller puiser à la Source de celui qui est l’Amour. Qu’il soit avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Qu’il nous garde plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ».
Antoine Jordan
