Le soir venu du premier jour…les portes verrouillées : dans l’obscurité de cette nouvelle vie après la mort de Jésus, Jésus vient rejoindre ses disciples. Il leur donne sa paix. La paix, ce bien si précieux, fondamental, qui ouvre l’être à l’instant, à l’écoute, à la réception de ce qui vient du dehors, à la foi, à l’amour, à la joie…sans la paix, l’équilibre de l’être est instable et l’accueil plus difficile.
Après s’être fait identifié vivant avec ses plaies, signe de son chemin victorieux, Jésus envoie ses disciples sur le même chemin. Il souffle sur eux pour donner l’Esprit Saint. C’est une récréation. Au commencement Dieu a soufflé sur Adam pour lui donner vie. Ici le Christ souffle sur ses disciples pour leur donner une autre vie, la Vie de coopération avec Dieu. Et cette Vie commence par remettre les péchés, le poids des fausses routes qui enferment, rouvrir les êtres à l’accueil de l’amour du Père.
L’incrédulité de Thomas correspond à sa nature. Il a besoin de preuve pour croire. Jésus, sans le condamner, vient le rejoindre là où il bute, et lui montre qu’il y a un autre chemin pour découvrir la Vérité. Cette histoire permet à tous ceux qui cherchent instinctivement des preuves matérielles, de réfléchir à d’autres pistes.
Pour moi, aujourd’hui: Le Seigneur me donne sa Paix car je crois en la réussite de sa vie d’amour parfait qui l’a mené à la Résurrection. Pour moi, cette vie d’amour du prochain correspond parfaitement à un appel intérieur. (Même si j’en suis incapable). Oui, le Seigneur m’accompagne dans cette vie. Oui, le Seigneur m’envoie dire la paix autour de moi, dire l’amour de Dieu et décharger d’une culpabilité qui enferme pour ouvrir à une nouvelle vie.
Martine Vercambre
« La paix soit avec vous » C’est le calme heureux, loin des peurs et des agitations! Voilà ce que Jésus ressuscité voudrait entre les apôtres, entre ceux qui ont déjà vu Jésus, et ceux qui, comme Thomas doutent, ont besoin de temps, de voir, de se rendre compte que c’est bien le même homme qu’ils suivaient sur les routes et celui qui est avec eux aujourd’hui. Oui, la paix soit entre les chrétiens qui vivent leur foi avec des gestes et des rites différents. En 2000 ans que de controverses, de guerres, de façons différentes de tenter d’approcher une Vérité sur laquelle forcément nous n’avons aucune prise…puisque c’est Elle qui nous (sur)prend.
Jésus ne parle pas à tous de la même façon ; c’est une richesse de pouvoir partager nos différentes façons de vivre nos doutes et notre foi. L’Esprit Saint y veille et Lui seul peut nous faire dire : »Mon Seigneur et mon Dieu », Lui seul peut nous bousculer et dans sa liberté changer nos plannings et nos agendas. Ce Dieu de tendresse qui donne vie, c’est important de prendre le temps de lui dire merci pour la vie et d’agir pour la préserver partout où elle est menacée de quelque façon que ce soit.
Ce 2ème dimanche après Pâques a été déclaré par le pape saint Jean-Paul II celui de la Divine Miséricorde. Cet évangile illustre parfaitement la miséricorde de Jésus. Rappelons que quelques jours plus tôt, Juda l’a trahi, Pierre l’a renié, tous l’ont abandonné. Et maintenant, ils se cachent et s’enferment, par peur d’être recherchés par ceux qui ont condamné Jésus. Or voilà que Jésus ressuscité les rejoint. Il aurait pu leur faire de vifs reproches, tout au contraire, il leur dit » La paix soit avec vous ! « , une preuve de pardon et de réconciliation. Jésus ressuscité, le mal n’a pas le dernier mot ; c’est ma miséricorde qui triomphe. C’est une bonne nouvelle pour nous. Quand nous nous sommes détournés du Seigneur, il n’a de cesse de nous rejoindre pour nous donner sa paix. Dans cet évangile, la figure de Thomas occupe une place centrale. Il a besoin de voir pour croire, de toucher le corps du Christ pour accéder à la foi » Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous….non, je ne croirai pas ! » Et nous chrétiens, dans nos périodes de doute, ne réclamons-nous pas des preuves ? Nous ne sommes pas de purs esprits, nous avons certes besoin de voir pour croire. Cependant, le danger serait de résumer notre foi à ce qui est concrètement visible. Alors que ce qui doit être vu pour croire est au delà des apparences, pas systématiquement de preuves matérielles ou corporelles. Un exemple nous est donné dans la lecture des Actes des Apôtres de ce jour. » La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avaient un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. » L’unité, la paix, le partage sont signes de la présence du Christ ressuscité.
La lettre de St Jean nous fournit une autre forme de preuve, c’est notre témoignage. » Or, la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. » Le croyant est celui qui se reconnaît le bien-aimé du Père ; il croit et vit de cet amour. Un amour qui se voit est un amour qui se partage. Si nous sommes capables de donner au monde le signe de l’amour que nous avons les uns pour les autres, Jésus-Christ plus jamais ne sera mort !
En conclusion, Jésus confie à ses disciples d’annoncer au monde la vérité dont les hommes ont tant besoin : Dieu est Père, il est amour, il est pardon et miséricorde. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ces paroles du christ sont adressées, aujourd’hui, à chacun d’entre nous ! » La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » Confiants dans l’action de l’Esprit-Saint consacrons-nous courageusement à la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut.
Dans cet évangile, Jésus ressuscité, malgré les portes verrouillées, rejoint par deux fois les disciples apeurés. Une première fois, il montre ses mains et son côté, comme signes tangibles de sa résurrection. Et il offre aux disciples remplis de joie, la paix et l’esprit saint. Puis une deuxième fois, pour répondre à l’incrédulité de Thomas, à nouveau il annonce la paix, à nouveau il montre ses mains et son côté et il invite Thomas à le toucher. Alors Thomas pourra croire, et devenir témoin de cette bonne nouvelle. Par lui d’autres croiront, sans avoir vu. Les paroles de Jésus résonnent encore aujourd’hui dans nos vies, elles nous relèvent, nous redonnent confiance sans cesse, de génération en génération.
« La paix soit avec vous ! »Dieu de tendresse, sème en chacun de nos cœurs ta paix, une paix qui réconforte et qui ouvre des chemins d’espérance.
« Recevez l’Esprit-saint » Dieu de tendresse, envoie ton Esprit sur ton Eglise pour qu’elle se renouvelle sans renoncer à l’exigence de ton message.
« Nous avons vu le Seigneur » Dieu de tendresse, donne nous de te rencontrer chaque jour dans nos vies, et d’en témoigner, pour que ceux que nous côtoyons découvrent ta présence. « Cesse d’être incrédule, sois croyant » Dieu de tendresse, accompagne les personnes qui ont reçu la grâce du baptême en ce temps de Pâques, afin qu’à leur tour, elles deviennent témoins de ton amour.
« Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous …….si je …….si je….. ». » Avance Thomas ton doigt ici, avance ta main… » Les rôles s’inversent : Ce n’est plus seulement Thomas qui touche du doigt les plaies de Jésus, c’est Jésus lui-même qui touche du doigt là où ça fait mal chez Thomas, sa plaie, sa blessure intérieure profonde, c’est à dire son incrédulité, sa méfiance à son égard. Pour Thomas, point la peine de confesser sa faute, tout est dit sans rien dire, Jésus anticipe, le devance, le délivre, le guérit. Incapable de confesser sa faute, Thomas confesse sa plus belle profession de foi : « Mon Seigneur et Mon Dieu ».
En cette fête de la Divine Miséricorde, Jésus vient nous apporter une autre facette de son amour : L’Amour Miséricordieux, « l’amour aspire à amplifier le bien, la miséricorde à remédier au mal ». Quand il m’arrive de blesser consciemment ou inconsciemment, sans le savoir ou sans le vouloir , seul le pardon peut me guérir. « Mon Dieu j’ai péché contre toi et mes frères, mais près de toi se trouve le pardon « . Peu importe mes mots et comme Thomas pouvoir dire à mon tour : « Mon Seigneur et Mon Dieu « .
Bonne Fête de la divine Miséricorde ,
Jean-Pierre Ricome
