La parabole du jour présente un roi qui veut célébrer le mariage de son fils, un roi qui invite : invitation renvoyée avec excuses de circonstances voire violemment refusée…
Un roi qui ne se laisse cependant pas décourager d’inviter : n’importe qui devient invité, et on remplit la salle de noces… mais ce roi n’apprécie pas qu’on réponde à son invitation en ne faisant pas l’effort de s’y ajuster.
Ce faire-part est pour nous, nous ressemblons tour à tour à celui qui a mieux à faire, celui qui n’accueille pas, celui qui rejette, celui qui vient sans se comporter de manière responsable, celui qui participe honnêtement au ‘Royaume’.
Je peux chercher à regarder honnêtement le mal dont je suis complice en ce monde, mal menacé par les noces du Christ avec l’humanité, qui ne peut prospérer qu’en s’y opposant ; je peux participer au Royaume en me reconnaissant d’abord invité par plus grand que moi, puis en portant la tenue qui convient, une tenue qui n’a rien d’extérieur, la tenue du serviteur appelé à inviter, simple messager d’une Bonne nouvelle ne venant pas de lui-même, Bonne nouvelle capable de sauver la vie véritable en tout homme.
Dominique Pain
Un roi, (Dieu le Père), célèbre les noces de son fils (Christ) et invite ses proches (le peuple d’Israël, l’Eglise, moi, aujourd’hui). Des noces de son fils avec qui? Une union intime de son fils avec nous.
Et pour cela Dieu a préparé de quoi nous réjouir (viandes grasses…) Il nous promet un bonheur qui passe par notre chair, notre humanité.
Mais voilà, nous sommes trop occupés à nos petites affaires personnelles, élever, réparer, travailler, amasser…et nous ne répondons pas bien à l’appel. Nous/moi pouvons aller jusqu’à tuer le fils (tuer ceux qui nous dérangent sur notre route, physiquement, ou plus fréquemment, par des paroles blessantes, ou encore en ne portant pas assistance,…) Et Dieu se met en colère, cette colère est une expression de la souffrance de Dieu, blessé et impuissant devant notre liberté.
Alors, pour que la fête ait lieu, (la réalisation de son projet pour le monde) Dieu se tourne et appelle tous les hommes directement, Il parle au cœur de tout homme. Et la salle du banquet est remplie.
Mais l’un des convives n’a pas mis son habit de fête. Quel est cet habit? c’est pour moi l’ouverture de cœur qui permet l’union au Christ, qui permet d’accueillir la mission qu’il nous donne, afin de vivre et travailler dans sa présence: On peut aller à un mariage sans vouloir contribuer la réussite de cette fête, simplement par intérêt.
Martine Vercambre
Cette page d’évangile est difficile pour moi et pourtant, peu à peu, elle fait son chemin en moi, elle se laisse apprivoiser. Dieu appelle largement à la noce, mais chacun, chacune reste libre de répondre ou pas. Dieu propose mais n’impose pas. Quelle est cette noce dont il est question ? Les noces d’un fils, une nouvelle fois pour nous donner une image de ce royaume qui nous est tellement énigmatique. Le mariage de Jésus avec l’Eglise ? Avec chaque personne qui accueille l’appel et y répond favorablement pour faire corps ?
Dans ce récit, on voit des invités qui ne veulent pas venir, et vers qui le Seigneur envoie d’autres serviteurs. Certains restent indifférents à l’appel, d’autres deviennent violents. Alors le maître exprime sa colère envers eux puis invite plus largement encore. Les premiers invités n’étaient pas dignes dit-il. Dans le contexte du judaïsme au temps de Jésus, je vois dans ce récit l’annonce d’une Église ouverte à toutes les nations païennes, ce qui était inenvisageable pour ces prêtres et ces pharisiens.
C’est la dernière partie du récit qui m’interpelle. Parmi les invités, il y en a un qui n’a pas revêtu l’habit de noces, et il est jeté dehors immédiatement. Longtemps j’ai cherché à ignorer ces lignes que je trouvais trop dures et dérangeantes. Comment notre Dieu miséricordieux peut-il traiter ainsi quelqu’un qui a répondu à son appel ? Aujourd’hui, j’accueille ce texte différemment. Répondre à l’appel du Seigneur suppose de préparer son cœur, d’accepter de cheminer et de s’en donner les moyens. Le Seigneur m’accueillera, me soutiendra, m’accompagnera, si je me tourne vers lui, dans la prière, dans l’approfondissement des textes, dans la recherche du discernement en vérité. Peut-être est-ce cela être digne ?
« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guérie ! »
Sabine Llido
