Partage d’évangile du dimanche 15 novembre

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  • Ci-dessous, le partage d’évangile du 15 novembre : la parabole des Talents

En cette fin de temps liturgique nous voilà invités à partager sur une dernière parabole : un maître qui s’absente confie son bien en partageant à chacun selon ses capacités.
De même Dieu nous fait confiance pour nos choix, nos décisions ; il ne s’agit pas de s’abriter forcément derrière des règles, des institutions qui parfois protègent, parfois enferment.
Le don de Dieu est toujours abondant, gratuit et premier. Dieu n’attend pas du « donnant-donnant » ; Il nous invite à avoir conscience de nos capacités, des dons qui sont les nôtres; mais voilà que nous sommes bien souvent pleins de peurs devant de nouvelles initiatives, pleins de paresse, de rancœurs et de morosité ; nous avons vite fait de nous créer de fausses images d’un Dieu dur, nous poser en victimes par manque de confiance.
Consciente de toutes ces peurs, de ces ténèbres, les textes de ce dimanche m’invitent à m’arrêter sur le mot « joie »
Joie d’offrir les fruits de son travail, celui de tous les jours dans le concret de nos vies et de nos rencontres, comme la femme du livre des Proverbes.
Joie d’être « fils de la lumière et du jour » en cette période qui restreint nos libertés…mais un confinement occasion peut-être d’une nouvelle sobriété, d’une plus grande vigilance.
Joie de prendre conscience que ce monde qui m’est confié est plein de ressources surtout à travers nos jeunes (au lieu de passer du temps à pointer tout ce qui va de travers et à chercher des boucs émissaires)
Il est « heureux » celui qui marche selon la voix du Seigneur, nous dit le psaume; demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer pour lutter contre nos peurs, découvrir nos dons et avoir le courage de les faire fructifier.
A partager aussi ce qu’écrivait Maurice Genevoix  dans « La mort de près » : « Tout homme est solidaire. Il est ainsi comptable de ce qu’il est en mesure de transmettre. Et il l’est dans la mesure même de ce qu’il a reçu. »

Jésus est proche de sa mort, et de son départ. Il confie la suite de sa mission, à ses disciples puis à nous, à moi. Sa mission est très précieuse, symbolisée par les sommes d’argent importantes. Il nous fait une immense confiance. Il nous  donne à réaliser une partie de la mission en fonction de nos capacités, nos talents. A nous de prendre des risques à notre portée, pour faire connaître l’amour du Père, d’en vivre pour le donner aux autres, à nous de ne pas avoir peur, de faire confiance au Christ qui nous accompagne.
Et Jésus, (le maître) au retour de mission, ne regarde pas la rentabilité du travail fourni en confiance, il confie aux deux premiers serviteurs, à nouveau, une autre mission.
Mais Jésus reproche le manque de confiance, la peur, qui bloquent la mission, au troisième serviteur. Il n’est pas entré dans l’alliance et se voit retiré sa part de mission.
Je vis tour à tour l’une et l’autre situation : Un jour je fais confiance et je progresse dans l’amour avec et pour le Seigneur, puis un jour je vais plus mal et je bloque tout. Mais cela demeure un balancier entre les deux situations.
Par contre il y a des personnes enfermées dans le pessimisme, la peur, le manque de confiance en elles.
Qu’est-ce qui fait qu’une personne va opter pour la confiance et travailler en conséquence, et qu’une autre sera déprimée, malade, pessimiste, elle aura peut-être vécu des évènements difficiles, et ne peut plus faire confiance? Pour moi, seul Dieu a la réponse. J’ai là encore du mal avec la sanction si elle est sans appel possible.

Pour cet avant dernier dimanche de notre année liturgique, et juste avant de fêter le Christ Roi de l’univers, l’Eglise nous propose dans l’Evangile d’entendre la parabole des talents avec cette invitation à prendre le temps, au terme de cette année, de faire le bilan, de nous poser cette question : comment nous situons-nous avec celui qui nous a confié la gestion de ses biens et de tous ses biens. Qu’avons-nous fait du trésor que Dieu a mis en nous à notre naissance, mais aussi du trésor reçu à notre baptême, trésor que nous recevons à nouveau à chaque communion ? Avons-nous profité de cette année pour le faire fructifier, ou bien au contraire l’avons-nous enterré dans un coin pour nous occuper de tout autre chose ? Notre vie comporte toujours une part de risque et vouloir enfouir ses talents reviens à s’enfermer, se barricader et à ne plus rien faire. Une fois de plus la peur est toujours mauvaise conseillère. Si dieu nous fait confiance en nous confiant tout, Il ne nous laisse pas errer seul dans la nature, il nous accompagne. Il veille sur nous. Car Ne l’oublions pas Dieu est bon. Ainsi Cette question ne doit pas nous effrayer : elle est moins un motif de lamentation sur tout ce que nous n’avons pas fait, qu’une motivation à commencer ou à recommencer aujourd’hui. Surtout elle est l’occasion de réentendre cette si belle invitation : « Entre dans la joie de ton maître ! » Elle nous permet aussi de terminer notre année liturgique sur une double démarche de remerciement et d’humilité : remerciement pour toutes les rencontres de cette année, pour toutes ces personnes qui par leur présence ou leur action nous ont aidés à faire grandir en nous ce trésor d’amour, et d’humilité dans la reconnaissance que nous-mêmes nous avons besoin de Dieu pour être capables d’aider de la même façon ceux qui nous entourent. Et que Dieu nous aide à faire de l’année qui vient une année d’abondance. Seigneur ! Ta venue n’est pas seulement pour la fin des temps. C’est maintenant que tu frappes à ma porte de multiples façons… Donne-moi de te reconnaître, Seigneur, et de faire fructifier ce que tu m’as confié.

Je remarque que le maître, en confiant son argent à ses serviteurs, ne leur donne aucune consigne pas même de le faire fructifier. C’est à eux de l’inventer.  Inventer sa conduite, c’est notre travail d’homme… Rappelons-nous le Décalogue. Après nous avoir dit d’aimer,  le décalogue ne nous précise pas quelles conduites doivent concrétiser cet amour. Il énumère simplement les conduites qui nous en feraient sortir. L’amour en effet ne se commande pas. Il ne peut nous venir de l’extérieur, il ne peut naître que de nous-mêmes.
Je remarque que 2 serviteurs ont fait fructifier les talents qui leur avaient été confiés. Voici donc maintenant quelque chose qui n’était pas là au départ : le fruit de leur travail. Comme Dieu, ils ont été créateurs. 
Je remarque que Jésus a félicité les deux serviteurs productifs avec les mêmes mots. C’est rassurant. Ce n’est pas la productivité qui compte ! Si nous nous sentons serviteurs de peu de talents ne nous faisons pas de souci… Ce qui nous est demandé : Croire en l’amour de Dieu et laisser cet amour féconder les talents qui nous sont confiés. 
Je remarque que le troisième serviteur  ne se voit pas reprocher ce qu’il a fait mais ce qu’il a omis de faire. C’est fréquent dans l’évangile. Rappelons-nous  la parabole du jugement dernier «J’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli». Rappelons-nous la parabole du riche et du pauvre Lazare. Le riche est condamné non parce qu’il a fait de bons repas, mais parce qu’il n’a même pas vu Lazare qui gisait, affamé, à sa porte.
Allons plus loin : Pourquoi ce troisième serviteur  a-t-il omis de faire fructifier ce qu’il avait reçu ? Par ce qu’il a peur de Dieu. Il le dit lui-même : «Je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, J’ai eu peur.» Tentation vieille comme le monde : Nous ne laissons pas Dieu déployer son image en nous, nous le faisons à notre image. En un mot, ce serviteur nous fait Dieu à notre image: un maître exigeant, un surveillant pointilleux qui ne laisse rien passer, un juge impitoyable. Il nous faut réaliser que Dieu a besoin de notre permission pour pouvoir nous aimer.
Je fais silence et je regarde ma vie :
-Ma relation à Dieu
Est-elle faite de peur ou de confiance ? Je fais la vérité en moi… 
Je me laisse interroger par cette réflexion d’un ado « Ce n’est pas parce que Dieu est bon qu’il faut le prendre pour une bonne poire ».
– Ma relation aux autres
-D’abord je rends grâce à Dieu pour les talents confiés…Ce que je fais facilement, ce que je réussis bien…J’en énumère au moins trois…
– Je regarde ce que j’en fais…
-Je regarde le talent enfouis…Comment je vais commencer à le faire fructifier…

Dans cette parabole, Jésus nous dit d’abord que Dieu nous a confié « tous ses biens », c’est à dire toute la création, tout son plan d’amour sur l’humanité. Quelle confiance et quelle responsabilité !
Il nous dit aussi qu’au delà des capacités de chacun (et chacun a reçu des dons, ne serait-ce que la vie et l’amour de Dieu), l’essentiel est de se donner de tout son cœur à la construction de son Royaume. Il ne nous demande pas des choses très compliquées (« mettre l’argent à la banque », ce n’est pas sorcier), mais, si nous cherchons vraiment à faire sa volonté, il nous dit qu’il fera fructifier abondamment ce que nous entreprenons.
La « sanction » à la fin de la parabole nous montre combien la participation de chacun est primordiale. Alors, n’ayons pas peur, mais mettons notre confiance en Dieu comme il a confiance en nous.

En relisant cet Évangile bien connu, je me suis arrêtée aujourd’hui sur : »tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. »….Le serviteur ai dit en effet au maître « je sais que tu es un homme dur… » Le serviteur ne s’est-il pas mis en position de juge, à craindre le pire de la part du maître ?
 Il aurait pu agir autrement et voir la confiance du maître.
Est-ce le maître qui est dur ou le serviteur qui est enfermé dans des certitudes comme parfois nous le sommes « il/elle  ne va pas changer, j’y crois pas ! » Que savons-nous du cœur du prochain et n’avons-nous pas confiance en Dieu pour changer nos cœurs ? Le cœur du prochain et surtout le notre !
Anne-E

La fin de l’année liturgique approche. Dès le 29 novembre, nous entrerons dans l’Avent, période au cours de laquelle nous nous préparerons à la venue du Seigneur.
Pendant le mois de novembre, l’Eglise nous propose de méditer des textes, principalement les évangiles, sur le retour du Seigneur ; dimanche dernier, celui des jeunes filles invitées à des noces  en attente de la venue de l’époux   » Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. « 
En ce dimanche, nous faisons lecture de l’évangile des talents éclairé par celui du livre des Proverbes
 » Une femme parfaite, qui la trouvera ?  » et un extrait de la première lettre de St Paul apôtre aux Thessaloniciens.
Le Seigneur a donné à chacun des talents selon ses capacités (nous pouvons bien sûr prier l’Esprit Saint de nous envoyer ses dons), rendons-en grâce au Seigneur et faisons-les fructifier.
Ne soyons pas tentés par la convoitise  ni le repli sur soi.
Soyons des témoins de sa bonté, participons à son œuvre  en vue de construire  un monde où règne la fraternité.
Ne soyons pas paralysés par la peur, la crainte du jugement comme le  » serviteur mauvais  » de l’évangile. Suivons les conseils de St Paul qui nous dit   » Alors, ne restons pas endormis, comme les autres, mais soyons vigilants. « 
Sachons tenir dans la durée, comme la maîtresse de maison habile à gérer le quotidien, c’est la fidélité à laquelle Dieu nous appelle. Plaçons notre vie sous le regard du Seigneur, prions-le de nous donner sa force dans nos moments de découragement et l’audace de vivre les valeurs évangéliques, afin qu’à son retour le maître puisse nous dire  » Heureux es-tu. A toi, le bonheur ! « 
Je terminerai en citant Ste Thérèse de l’Enfant Jésus qui s’interrogeait sur ce qui lui arriverait à elle qui croyait ne pas avoir d’œuvres et qui reçut une lumière de la part de Dieu.
 » J’ai compris que Dieu me rétribuerait non pas selon mes œuvres à moi, mais selon ses œuvres à lui. »

« Tends ta main au pauvre »(Si 7,32)
Chaque année, avec la Journée Mondiale des Pauvres, le Pape revient sur cette réalité fondamentale pour la vie de l’Église, parce que les pauvres sont et seront toujours avec nous pour nous aider à accueillir la présence du Christ dans nos vies. Le Pape commente le Livre de Ben Sira car dès les premières pages il nous donne des conseils sur de nombreuses situations concrètes de la vie, et la pauvreté en est une. Il insiste sur le fait que, dans le besoin, il faut avoir confiance en Dieu : « Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; et mets en lui ton espérance. » La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables…Le temps consacré à la prière ne peut jamais devenir un alibi pour négliger le prochain en difficulté…
Nous ne pouvons pas nous sentir « bien » quand un membre de la famille humaine est relégué dans les coulisses et devient une ombre…Rappeler à tous la grande valeur du bien commun est, pour le peuple chrétien, un engagement de vie qui se réalise dans la tentative de n’oublier aucun de ceux dont l’humanité est violée dans ses besoins fondamentaux…
Tendre la main : fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. Que de mains tendues pouvons-nous voir tous les jours ! … Mais les mauvaises nouvelles abondent sur les pages des journaux, sur les sites internet et sur les écrans de télévision, au point de laisser croire que le mal règne en maître…
Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! Le Pape insiste sur toutes les mains tendues : du médecin, du pharmacien, de l’infirmière et de l’infirmier qui se soucient de chaque patient. La main tendue de ceux qui procurent les moyens de sauver le plus de vies possibles. La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation.
Nos richesses spirituelles et matérielles ont été remises en question et nous avons découvert que nous avions peur. Enfermés dans le silence de nos maisons, nous avons redécouvert l’importance de la simplicité et d’avoir le regard fixé sur l’essentiel…
« Tends la main au pauvre », est une incitation à prendre en charge le poids des plus faibles…
Le Livre de Ben Sira vient une fois de plus à notre aide : il suggère des actions concrètes pour soutenir les plus faibles et il utilise également quelques images suggestives. Et l’auteur sacré affirme encore : « N’hésite pas à visiter un malade » (7, 35). Nous avons fait l’expérience de l’impossibilité d’être aux côtés de ceux qui souffrent, et en même temps, nous avons pris conscience de la fragilité de notre existence. En somme, la Parole de Dieu ne nous laisse jamais tranquilles, elle continue à nous stimuler au bien…
« Tends la main au pauvre » fait ressortir, par contraste, l’attitude de ceux qui tiennent leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté, dont ils sont souvent complices…Nous ne pourrons pas être heureux tant que ces mains qui sèment la mort ne seront pas transformées en instruments de justice et de paix pour le monde entier…
« Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta vie a une fin » (Si 7, 36). Nous devons toujours garder à l’esprit la fin de notre existence. Se souvenir du destin commun peut aider à mener une vie sous le signe de l’attention à ceux qui sont les plus pauvres. C’est la fin de notre vie qui demande un projet à réaliser et un chemin à accomplir sans se lasser. Or, le but de chacune de nos actions ne peut être autre que l’amour….
Que sur ce chemin quotidien de rencontre avec les pauvres nous accompagne la Mère de Dieu, qui plus que tout autre est la Mère des pauvres. La Vierge Marie connaît de près les difficultés et les souffrances de ceux qui sont marginalisés, parce qu’elle-même s’est trouvée à donner naissance au Fils de Dieu dans une étable. Puisse la prière à la Mère des pauvres rassembler ses enfants favoris et tous ceux qui les servent au nom du Christ. Que la prière transforme la main tendue en une étreinte de partage et de fraternité retrouvée.

                                           Extraits du Message du Pape François pour la 4ème journée mondiale des Pauvres.