Partage d’évangile du dimanche 1er novembre (Toussaint)

Sur une montagne, Moïse avait reçu la Loi pour que les Hébreux, en suivant les commandements, rejoignent YHWH. Jésus sur une montagne affine le chemin vers le Père.
Heureux les pauvres de cœur car le royaume des cieux est à eux! Heureux: chapeau bas!, en marche!, en route pour plus de vie!, sur la bonne voie, pour un vrai bonheur.
Les pauvres de cœur : les humbles, ceux qui souffrent d’un manque, la faim, l’injustice, l’insécurité, la peine, ceux qui doutent et cherchent….  Ils sont  ouverts sur l’extérieur, sur les autres. Dieu peut les rejoindre. Ensemble ils pourront cheminer et produire du fruit sur cette terre jusque dans l’autre. Et ces fruits sont la miséricorde qui redonne vie, la paix, la douceur, la justice, la bienveillance, le regard pur… Cette façon de voir la vie n’est pas naturelle pour l’homme qui cherche viscéralement à faire son bonheur par lui-même.
Pour moi le Royaume de Dieu commence ici bas. C’est la vie quotidienne avec le Christ comme compagnon de route. C’est un chemin d’ouverture progressive à sa présence, à l’amour du Père et à l’accomplissement de sa volonté afin que je porte son fruit. Cette présence  m’ouvre progressivement à la paix, à un bonheur, à une joie malgré et à travers toutes les difficultés de la vie. Et je vais un jour passer la mort terrestre avec cette présence à mes côtés.
Le sens des béatitudes est pour moi le bonheur promis à ceux qui décident de partir avec le Christ.

Qu’il est connu cet évangile des Béatitudes, et qu’il est attirant par sa promesse de bonheur!
Mais bien inconfortable  aussi  car il nous renvoie à des questions sur la manière dont nous vivons et les buts que nous poursuivons…
Pauvres de cœur, doux, assoiffé de justice, miséricordieux : un beau programme où je constate mes faiblesses récurrentes ; cœur pur, quelle prétention de pouvoir se l’attribuer ; heureux de pleurer, d’être persécuté : quel paradoxe…
Et ce futur partout présent promettant de beaux fruits? Merci Seigneur de me provoquer en me disant de regarder plus loin que mes constructions personnelles de bonheur, et aussi de m’apprendre à patienter sans obsession de récupérer mon investissement… merci aussi de m’apprendre à voir et à me réjouir de tout cela à l’œuvre dans mes frères pour renforcer ma foi.

Jésus gravit la montagne, symbole sacré de la rencontre avec Dieu le Père. J’imagine la foule immense, au pied de la montagne, et les disciples, en haut, tout proches de Jésus. Suis-je prête à gravir la montagne ? Suis-je prête à entendre le message que le Christ veut me délivrer ? Suis-je prête à me dépouiller de toutes mes idées reçues, pour accueillir ces béatitudes avec une écoute toute neuve ?
Sans doute faudra-t-il plus que la durée de ma vie terrestre pour que ces béatitudes maintes fois entendues prennent chair, trouvent sens, me conduisent à la plénitude du royaume. Ce royaume où les valeurs humaines sont inversées, où les pauvres et les petits sont les premiers. Seigneur, aide-moi à mettre en œuvre ce royaume, aujourd’hui, là où je vis. Que mon regard soit semblable à ton regard miséricordieux.
Ceux qui auront mis leur foi dans le Seigneur, au risque d’être insultés, persécutés, au risque de pleurer, ceux là seront appelés Fils de Dieu, ils verront Dieu. Seigneur, tu mets sur mon chemin des témoins de ton royaume. Des femmes qui ont fui leur pays, qui n’ont plus rien, qui malgré une grande précarité accueillent la vie qu’elles portent en elles et trouvent en toi leur force. Dans l’accompagnement de ces personnes qui ont mis leur foi en toi, il m’est donné de te rencontrer. Quelle joie profonde ! Merci Seigneur !