Partage d’évangile du dimanche 22 novembre

Il me paraît important de situer cet évangile dans son contexte. D’après St Matthieu, cela se passe juste avant la Passion du Christ, c’est-à-dire que ces ultimes paroles de Jésus prennent la valeur d’un testament.
Au moment de quitter ce monde, il nous confie ce qu’il a de plus précieux : l’humanité.
L’image pastorale du berger et des brebis donne une tonalité paisible et bienveillante à la royauté du Christ. Elle vient, en quelque sorte, adoucir la radicalité apparente du jugement évangélique.
Jésus peut prononcer ces paroles car il est le berger par excellence. Ce berger annoncé par Ezékiel au peuple dispersé par l’exil, dans la première  lecture, ce berger chanté dans le psaume de ce jour, ce berger qui n’a de cesse de chercher la brebis égarée, ce berger qui donne sa vie pour sauver ses brebis.
A tous ceux  qui auront eu comme lui des gestes d’amour et de partage, Jésus dit  » Venez les bénis de mon Père « , car le  Royaume des cieux  n’est pas réservé à une élite mais à tous les hommes, sans distinction. C’est parmi les hommes de toutes races, de toutes cultures, de toutes religions que se construit le Royaume. A tous ceux  qui dans leur quotidien auront le souci du frère : donner à manger à ceux qui ont faim, à boire  à ceux qui ont soif, visiter les malades…
Cet évangile nous interpelle car chacun a sa face de lumière et sa face de ténèbres, Dieu le juste, sait cela mieux que nous !
En conclusion, le jugement évangélique nous apprend à devenir, à la suite et à l’exemple de Jésus, de bons pasteurs de nos frères et sœurs en humanité.

Une scène de jugement nous met toujours mal à l’aise ! Jésus répond à une question : quand sera la fin des temps? A quoi allons-nous la reconnaître?
Aujourd’hui beaucoup de situations nous interpellent : réchauffement climatique et bouleversement de notre environnement, fanatismes divers qui alimentent le terrorisme, individualisme exacerbé et peurs de ne rien maitriser, pandémie …est-ce un signe de fin des temps…au moins pour ceux qui en plus avancent en âge ?
Matthieu nous montre le Seigneur dans sa gloire ; Il rassemble toutes les nations ceux qui le connaissent et ceux qui ne le connaissent pas et même parfois le rejettent ; tous bénéficient de ce jugement, pas juste ceux qui se tiennent en adoration devant Dieu.
Le cœur du jugement se situe non en moi seul mais dans ce «nous «dont parle très justement l’encyclique du pape François « Tous frères ».
Et là un vertige me prend, car dans le concret de ma vie comment passer mon temps à habiller ceux qui sont nus, visiter les malades ou prisonniers de toutes addictions ? Nous recevons en ce moment dans nos boites à lettres les demandes de dons de très nombreuses associations d’aides toutes justifiées et cela laisse un malaise car nous faisons forcément des choix ! Nous donnons des priorités.
Jésus propose dans cet Evangile un chemin d’humanité où celui que je côtoie est signe de la présence de Dieu en lui, quel que soit son milieu, quelle que soit sa race ou sa religion. A nous de le suivre sur ce chemin où nous trébuchons souvent et revenons en arrière. Le Royaume avance quand j’aide, même très petitement à la transformation de notre monde vers plus d’ «amitié sociale», quand je mets en avant les actions bénéfiques et ne me lamente pas sur les « ténèbres » actuelles.
Le Royaume avance quand le « jugement » s’éclaire par les paroles proposées par Ezéchiel ou le psaume : Dieu veille sur chacune de ses brebis, les malades, les égarées, les vigoureuses. Son amour est pour chacun.
« Je ne manque de rien…Il me conduit par le juste chemin ».
Jésus est venu nous montrer un chemin qui aide à anéantir le mal et ses puissances, jusqu’à anéantir la mort.
Nous fêtons « Dieu tout en tous » quand nous n’en faisons pas un instrument de pouvoir, mais que l’amour est premier.
Lecture fructueuse du livre proposé par Luc d’Adrien Candiard : »ici commence le fanatisme: quand je veux faire rentrer l’infinité de Dieu dans l’étroitesse de mes idées…quand je perds de vue qu’Il est plus grand que moi…Dieu seul est Dieu et il m’aime ».
Il exprime sa volonté dans la prière et le silence : Madeleine Delbrel ou le frère Adrien Candiard nous le redisent ; profitons de ce temps à part qui nous est donné aujourd’hui.

Christ Roi : Couronné d’épines, drapé du manteau rouge pourpre, Jésus est face à Pilate. Face à face saisissant, une couronne d’épines pour l’un, et une couronne royale pour l’autre. Quel contraste !
« Jésus est plus grand que Pilate qui le condamne coiffé lui même de la couronne de l’autorité. »
P. René Le Port les mystères du rosaire p64.
En effet sur ce dessin pertinent  de René, caricature noble, Jésus, debout, immobile, silencieux, apparait encore plus grand, majestueux, il surplombe Pilate assis, raide, raide comme la justice, Pilate apparait encore plus étriqué. Paradoxe aussi ! Grandeur de la faiblesse d’un coté et autorité ridicule  de l’autre.
Non, Notre Seigneur  n’est pas alors ce super contrôleur, toi là-bas le béni, tu vas sur la file de droite  et  toi là-bas le maudit tu vas à gauche. Notre Seigneur est tout autre.  Jésus nous montre la faiblesse, sa propre faiblesse à son niveau le plus haut. C’est alors que résonnent en moi  les mots de  Paul : « C’est quand je suis faible, que je suis fort « . 2 CO 12,10. Paradoxe encore.
Alors oui, lorsque les bras me tombent, lorsque tout semble se dérober, répétons ces mots de
 Paul, 1 fois, 2 fois, » c’est  quand…  « , 3 fois, adressons-les au Christ, lui et lui seul peut me comprendre, me saisir, me relever : «la brebis perdue je la trouverai, l’égarée, je la ramènerai, celle qui est malade, je lui redonnerai des forces »  Ez 34 . Et  celle qui est  bien grasse, pauvre …je vais la préparer, la mijoter ……..Noël approche !! Un clin d’œil à René et plus particulièrement le 12/12.
Belle Fête du Christ Roi. Jean-Pierre

Dans l’Evangile de Matthieu, ce passage rapporte les dernières paroles de Jésus à ses disciples avant sa passion. Jésus livre le cœur de son message: Pour entrer dans le royaume de Dieu, travailler avec le Seigneur, vivre de sa présence, il me faut aider mon frère dans la peine, c’est là que je rencontrerai le Seigneur. Et cela que je sois disciple ou pas, chrétienne ou pas. Et si je n’aide pas mon frère, je vais loin du Seigneur, je me rends légère (et non pas maudite selon Chouraqui) je me vide de ma Vie, de ma substance, je n’ai plus de racine, je suis comme la paille balayée par le vent du psaume. De moi-même, en n’aidant pas mon frère je me punis moi-même. 
La structure du texte qui se répète facilite la mémorisation. Je ne dois pas oublier la message, je dois me le rappeler sans cesse. Si je n’aide pas mon frère je m’éloigne du Seigneur.
Jésus affirme aussi ici, lui le fils de l’homme qu’il est aussi le roi, Dieu.
Martine Vercambre

La lecture du prophète Ezékiel me montre Dieu comme un berger attentionné, tendre, bienveillant. Le berger qui a tout donné pour ses brebis. Et le texte se termine par l’annonce d’un jugement, jugement entre brebis et brebis, entre béliers et boucs.
Le psaume reste dans cette image du berger attentif et aimant, tandis que Paul annonce le retour du Christ, l’achèvement. Et dans cet avènement, tous les ennemis seront anéantis, et le dernier de ceux-ci sera la mort.
C’est en ayant en tête ces textes que je peux aborder l’évangile du jour. Un évangile dont je voudrais bien, au premier abord, enlever les premiers et les derniers versets. « Il séparera les hommes comme le berger séparera les brebis des boucs … et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. » La lecture d’Ezékiel m’aide à comprendre que le Seigneur sépare brebis et boucs pour protéger ses brebis. Ne sépare t-il pas tout simplement le bien du mal ?… pour ne garder que le bien.
C’est en chaque homme que coexistent le bien et le mal, et c’est en chaque homme que le Seigneur vient faire le tri. Quel est le point commun entre les bénis du Père et les autres ? Aucun d’eux n’a reconnu le Roi en son prochain. Aujourd’hui, par la révélation de Jésus-Christ, nous savons qu’en chaque homme vit une parcelle divine, et c’est elle que nous sommes appelés à servir. Quel est l’homme qui ne vit que dans l’amour de son prochain ? Quel est celui qui ne vit que dans l’indifférence ? En chacun de nous coexistent le désir de se faire proche, de porter assistance, de tendre la main, et celui de se refermer sur nous-mêmes, de ne plus vouloir voir ni entendre la demande du prochain.
Seigneur, tu le sais, j’aspire de tout mon être à faire ta volonté, à vivre et témoigner de ton amour, à me rendre proche de ceux qui sont en attente. Mais tu sais aussi que ces belles résolutions ne sont parfois que lettres mortes, quand l’enthousiasme retombe, ou que la peur paralyse, quand l’égoïsme prend le dessus, quand mes fragilités sont les plus fortes. Seigneur, je crois qu’un jour tu feras le tri entre le bon et le mauvais en mon cœur, tu ne garderas que le bon, et ce jour-là, comme nous le dit St Paul, la mort sera anéantie !

La fête du Christ-Roi est donc pour nous une occasion d’entrer plus à fond dans le mystère de Jésus dont nous voulons être des disciples fidèles et sincères. L’évangile nous présente notre Roi sous un jour particulier. Dans son Royaume les Grands et les Nobles sont les pauvres et les marginaux, ce que nous illustrent les paroles très connues de l’évangile. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »
Ces paroles mettent au premier rang du Royaume de Jésus les gens dans le besoin, les pauvres, les marginaux etc. C’est elles qui ont inspiré des gens comme saint François d’Assise qui a épousé Dame Pauvreté, comme sainte Mère Teresa qui a donné sa vie pour les mourants et les personnes abandonnées. En cette période de pandémie, notre critère ne doit pas être le chacun pour soi mais le partage et la solidarité.
Cet évangile selon saint Mathieu s’adresse à nous tous et toutes. Il retentit en cette fête du Christ Roi comme une invitation à ouvrir ma porte pour que le Christ entre dans ma vie de chaque jour à travers des gestes simples et à la portée de toutes et de tous : moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète… Je suis donc invité à faire l’effort de les reconnaître autour de moi.
Reconnaître la présence de Jésus dans l’autre, en particulier dans le plus démuni et le plus pauvre, en d’autres mots, dans le service du prochain. Il m’est arrivé d’avoir été sourd à ces invitations et même de ne pas avoir voulu reconnaître Jésus dans cette personne importune, ce visiteur non-désiré, ce SDF délaissé, qui sais-je encore ? A nous aussi c’est l’occasion aujourd’hui d’en demander pardon et de nous relancer sur le chemin de l’accueil inconditionnel que nous propose Jésus.
Que Christ glorieux toujours vivant pour nous sauver, nous aide à reconnaître la présence de Jésus dans les personnes que nous rencontrons, dans celles qui s’adressent à nous, dans celles qui dépendent de nous, dans toute personne dans le besoin : enfants, parents âgés, grands-parents, pauvres, handicapés, malades etc. Chaque fois que nous le ferons, nous entendrons alors le Roi nous dire : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde ».

Contemplons
-Une fresque grandiose :
Les artistes s’en sont donnés à coeur joie. Elle souligne que la vie, que notre vie ne va pas au néant mais à sa source :Dieu…Elle souligne que notre notre quotidien est le lieu privilégié de notre rencontre avec Dieu.
 -Le roi -Juge: Il est la figure centrale de cette saisissante fresque. Il est encore appelé Seigneur, titre réservé au Christ de gloire, et Fils de l’homme, expression plus forte que fils de Dieu, appliqué parfois aux rois d’Israël. Il viendra dans sa gloire, siégeant sur le trône.
-Le jugement,
la séparation des élus et des rejetés, est racontée sous l’image du berger oriental qui, le soir, sépare les brebis des chèvres pour que celles-ci n’encornent pas celles-là.
 la sentence : Venez, les bénis de mon Père… Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel.
Les attendus de la sentence :  j’avais faim, soif… ; j’étais un étranger, nu, malade, en prison. Les textes bibliques sont nombreux où la charité prime la liturgie: « Je hais votre culte (Am 5,21) ; ce que je veux, c’est libérer le prisonnier… » (Is 58,6-7). Le tri et le jugement se feront d’après nos actes et non d’après nos bons sentiments.  Oui ou non, ai-je agi quand on avait besoin de moi ?
La surprise : ce roi dit avoir eu faim, avoir été nu… quand donc t’avons-nous vu ? Il  s’identifier avec ceux qu’il appelle ces plus petits qui sont mes frères. Jésus s’en fait solidaire. Il est leur frère. Les secourir ou les ignorer, c’est donc l’atteindre lui-même : c’est à moi que vous l’avez fait.

 Des réponses à quelques grandes questions.
Une réponse au salut des non chrétiens : 
Ce roi, frère des plus petits, les jugera selon leur recherche de la vérité et leur amour des petits. Vous l’avez remarqué à la messe nous prions  « pour tous les hommes qui te cherchent avec droiture… pour tous les morts dont toi seul connais la foi » (prières eucharistiques 3 et 4).
La malédiction du feu éternel. Nous aimerions tellement que nous allions tous au paradis. Il ne nous appartient pas d’en décider. C’est oublier que Dieu respecte notre liberté. Nous avons le terrible pouvoir de lui dire non. Mieux vaut être averti. Il est capital de miser sur la bonté de Dieu dans notre faiblesse, il est dangereux de jouer avec elle.
Plus dans l’air du temps:
-à propos des messes :
Même si avec vous j’ai hâte, la priorité reste les plus fragiles…
-Faire la vérité : Quelle place très concrète dans ma vie ont les pauvres, les petits, les  faibles. Qu’est ce que je donne de temps, de compétence, d’argent, de prière.