Jésus va mourir, il confie sa maison, son œuvre, le devenir de tous, à ses disciples. Il martèle « veillez, restez éveillés, prenez garde. » Pourquoi? Parce que le maître de maison, le Seigneur revient à une heure que nous ne connaissons pas. Il vient à l’improviste. Les verbes de sa venue sont au présent: Le Seigneur vient aujourd’hui dans notre vie: le soir, ou à minuit, au chant du coq ou le matin, à des moments où la lumière n’est pas forte pour bien nous éclairer. Au chant du coq? Après être tombé dans le reniement du Seigneur?
Pourquoi le retour du Seigneur dans nos vies? Le texte d’Isaïe complète: C’est un appel au secours à notre Père, le maître de la Vie, qui redonne Vie. « Reviens, ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais? » Viens, « nous sommes l’argile entre tes mains… » viens pour que nous n’errions pas, pour que nos cœurs ne s’endurcissent pas et que nous puissions t’aimer, pour que nous ne soyons pas déracinés, desséchés et balayés par le vent, pour que nous ne soyons pas livrés au pouvoir de nos fautes, pour que nous prenions appui sur toi.
Et pour que je ne sois pas endormie quand le Seigneur vient à ma rencontre, dans ma vie quotidienne, je dois veiller c’est à dire prier, appeler, et faire sa volonté.
Martine Vercambre
L’évangile reprend un thème récurrent depuis plusieurs semaines, celui de la Veille. Nous sommes en attente… Quel est ce Dieu qui doit venir ? Comment va-t-il se manifester ? « Tu es venu Seigneur, mais nous nous sommes égarés » nous dit Isaïe. L’antienne du psaume complète cet éclairage : « Dieu, fais nous revenir vers toi ! » Est ce Dieu qui s’est éloigné ou est ce moi qui refuse de le voir ? J’ai reçu la parole et la connaissance de Dieu, me rappelle St Paul. Et c’est bien vrai ! Mais que fais-je de ce trésor chaque jour ? Maintenant, Seigneur tu me façonnes. C’est à dire aujourd’hui, et pas demain. Est-ce que je me laisse façonner par le Christ ? Est-ce que je regarde ma vie avec le prisme des écritures et du message évangélique ? Est ce que j’accepte l’imprévu dans mon quotidien, cet inattendu qui certainement porte la trace de Dieu et qui vient me façonner ?
Dans les textes d’aujourd’hui, je voudrais souligner des paroles pleines d’espérance, qui donnent sens à cette attente, qui donnent sens à ma vie, aujourd’hui.
« Tu viens rencontrer celui qui attend. » Seigneur, tu es là, à la porte de mon cœur, et tu attends que j’ouvre. Tu attends que je te trouve dans mon quotidien le plus ordinaire.
« C’est toi notre Père, nous sommes l’ouvrage de tes mains. » Oui, Seigneur que ta volonté soit faite, entre tes mains je remets mon esprit, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Tu sais ce qui est bon pour moi, donne moi d’accomplir ta volonté.
« C’est lui qui vous fera tenir fermement, jusqu’au bout », « Dieu est fidèle » Seigneur tu es ma force, mon soutien, en toi je mets mon espérance.
» Il a donné tout pouvoir à ses serviteurs » Tu nous fais confiance, Seigneur, tu nous envoies tels que nous sommes, avec nos faiblesses et nos fragilités. Nous ne pouvons que rendre grâce !
« Ce que je dis là, je le dis à tous. » et ce message est universel, il dépasse le temps et les frontières, chacun est libre de le recevoir et d’y répondre.
Seigneur fais de ma vie un temps de veille active, au service, dans l’espérance!
En ce dimanche, nous entrons dans une nouvelle année liturgique : l’Avent, période d’attente de la venue du Seigneur dans le monde. L’Avent, un temps de préparation à Noël, afin d’accueillir dignement le Sauveur qui nous rejoint dans nos vies ; de raviver notre foi, de garder nos sens éveillés pour construire un monde meilleur….
Dans le passage d’évangile qui précède celui de ce jour, Jésus parlait à ses apôtres de ce qu’il appelle » la venue du Fils de l’homme » et il disait : » Ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, sinon le Père. » (Mc 13,12)
Aujourd’hui, Jésus ajoute : » Prenez-garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. « On peut supposer que cela veut dire : Vous pouvez vous laisser surprendre. » La suite du texte va tout à fait dans ce sens : » Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin …. » Le chant du coq, n’est-ce pas une allusion au reniement de Pierre ? Cette phrase est une mise en garde : si vous n’êtes pas attentifs, il peut vous arriver, à vous aussi, de me renier ! Quelques heures avant le reniement de Pierre, Jésus à Gethsémani avait dit aux apôtres : » Veillez et priez afin de ne pas entrer au pouvoir de la tentation. « (Mc 14,38) Voilà ce qui peut éclairer le texte d’aujourd’hui : veillez pourrait signifier priez, priez sans cesse afin d’être remplis de l’Esprit- Saint qui nous fera rentrer dans le projet de Dieu. Nous sommes l’argile, laissons-nous façonner par les mains du Potier. Restons en relation avec lui dans la prière. Ne soyons pas inquiets de sa venue où comme le Christ nous y invite, dans cet évangile, nous agissons en bons gardiens de sa maison. Ne succombons pas à la tentation de négliger sa maison, de nous endormir. Ce texte nous promeut » gardiens de la maison de Dieu « , voilà une bonne nouvelle qui exige de nous une vigilance accrue. N’invoquons pas de motifs fallacieux pour nous soustraire à notre responsabilité. Nos vies si modestes soient elles peuvent avec la grâce de Dieu contribuer à l’avènement de son règne.
« Veiller, vigilance » Voilà des mots qui résonnent sans arrêt autour de nous et font écho à la protection mais aussi à la distanciation, l’enfermement, le confinement et tout leur cortège de questions et de peurs. Le monde actuel parait bien éloigné du projet de Dieu, il essaie d’éliminer ce qui est de l’ordre du spirituel, de la recherche de sens dans notre vie. « Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi » nous dit Isaïe.
Alors aujourd’hui quel sens donner à ces mots ? Nous commençons à nous déconfiner et en même temps à préparer la venue du Seigneur, quelle coïncidence ! Pour plusieurs c’est heureusement le temps du partage : aujourd’hui à travers la Banque Alimentaire il y a le souci du plus démuni ; partage des nouvelles au téléphone avec famille, amis ou personnes seules ; partage à travers les nouvelles technologies que des jeunes aident des plus vieux à maîtriser.
C’est important de ne pas s’endormir, d’être prêts à affronter l’incertitude, l’inattendu, à savoir inventer de nouvelles façons d’être reliés.
Jésus ne s’adresse pas seulement à ses disciples mais à tous.
Sûrs qu’aucun don de grâce ne nous manque, abordons ce temps dans la joie et l’Espérance car « Dieu est fidèle», Il nous aide à « tenir fermement jusqu’au bout »….juste nous avons à reconnaître notre besoin d’être comme l’argile, façonnés comme Dieu le désire.
L’homme qui part en voyage représente Jésus qui a quitté ses disciples et qui les a laissés seuls avec une mission semblable à celle des serviteurs de l’évangile, celle de se garder éveillés. Comme ces serviteurs, les disciples de Jésus ont reçu « tout pouvoir ». En effet, par le baptême, en devenant filles et fils de Dieu, sœurs et frères de Jésus, ils ont reçu toutes les richesses de la grâce du Christ comme saint Paul le rappelle aux Corinthiens.
Vivre l’attente du passage du Seigneur, de son Retour, de sa Venue est l’affaire de toute une vie. Ces semaines de l’Avent nous préparent à accueillir avec un cœur renouvelé le Sauveur dont nous célébrons la nativité dans la nuit de Noël. C’est le temps où nous nous préparons à voir le Christ arriver, survenir dans le monde et dans nos vies. Rester éveillés est toujours d’actualité. L’attente de la Venue du Christ, de son Retour, de son Passage se doit d’être incarnée dans le concret de nos vies. Se contenter d’attendre patiemment sans rien faire c’est le contraire de la véritable attente, de la vraie vigilance chrétienne. La vigilance chrétienne nous invite à prendre notre place dans notre monde, à en porter les joies et les peines. Elle nous invite à rester proches de ceux et celles qu’on aime. Elle nous envoie vers ceux et celles qui sont dans le besoin. Elle ne s’assoupit jamais.
Comment ne pas laisser nos cœurs et nos voix supplier Dieu de se manifester avec éclat comme le fait le prophète Isaïe dans la première lecture ? Le temps de l’Avent que nous commençons est un moment de pause où nous prenons le temps de laisser les grandes réalités de notre salut que nous appelons les mystères de la foi prendre racine en nous : l’Incarnation du Fils de Dieu qui se fait l’un de nous, la Rédemption qui nous apporte le salut, la présence de l’Esprit de Dieu qui vivifie toute chose, l’appel à la vie glorieuse dans l’assemblée des saints et des saintes auprès de Dieu, notre Père, pour l’éternité. Laissons ces belles réalités de notre foi entrer de plus en plus en nous et demandons au Seigneur que le temps de l’Avent cette année nous permette d’ESPÉRER SA PRÉSENCE. Que la pandémie de la COVID-19 soit pour nous un stimulant en nous gardant toujours sur le qui-vive comme les parents auprès de leur bébé. « Veillez donc, nous dit Jésus, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !
