partage d’évangile du dimanche 4 avril, « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)

Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous avons à rendre compte de nos raisons de croire. Sur notre route, nous rencontrons des jeunes et des moins jeunes qui doutent. Ils ont besoin de notre témoignage. Mais n’oublions pas : pour témoigner de l’espérance qui nous anime, il nous faut puiser à la Source, rencontrer le Seigneur dans la prière, nous nourrir de sa Parole et de son Eucharistie. Ce témoignage que nous avons à donner n’est pas le nôtre mais celui du Christ en nous. En ce dimanche de Pâques, de nombreux baptêmes sont célébrés dans la plupart des églises du monde entier. Chez nous Frédéric sera baptisé à la vigile pascale, que l’Esprit saint lui donne la force du témoignage. Des enfants, des jeunes et des adultes entrent dans la grande famille des chrétiens. Pour eux aussi, c’est un nouveau départ. Toutes ces personnes qui sont baptisées s’engagent sur la même route que nous. Sur cette route, ce n’est pas toujours facile. Comme nous, ils connaîtront le doute et le découragement. Ils auront besoin de sentir que Jésus ressuscité c’est quelqu’un d’important, qu’il est vraiment la Lumière de notre vie. Le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs la pierre  qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. Si nous voulons que nos communautés chrétiennes soient vivantes, il faut qu’elles soient missionnaires. Le Christ ressuscité compte sur notre témoignage à la place qui est la nôtre. Il désire que nous soyons porteurs de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux qui nous entourent. En ce jour, nous demandons au Seigneur qu’il fasse de nous des ressuscités, des témoins de la Vie qu’il donne en plénitude. Qu’il nous donne sa force et sa joie pour révéler aux plus pauvres la grandeur de son amour.

« Il  n’est pas ici » «Il vous précède en Galilée »
Jésus n’est pas dans le tombeau, enfermé, ni dans un lieu précis, Il est présent au monde d’aujourd’hui, ce Dieu qui me sauve et en qui je mets ma confiance, Il marche à mes côtés; Il a pris les devants, mêlé à notre monde tel qu’il est, avec ses noirceurs et ses peurs : peurs du lendemain, peur du virus, peur pour les jeunes, peur pour notre Eglise. Or c’est de l’intérieur de la peur, du tombeau, que peut jaillir l’Espérance et la foi en Christ ressuscité. La foi de Jean est immédiate : « Il vit et il crut » Quelle chance et quelle joie pour nous, de laisser entrer Dieu dans nos existences, d’essayer de le dire avec notre pauvre langage.
« Il fallait qu’Il ressuscite », c’était dans la logique de l’Amour de Dieu pour nous les hommes : aller jusqu’à nous donner son fils pour nous montrer le chemin. Dans le texte de Jean c’est la course, l’agitation, l’urgence qui me parlent, alors que les linges du crucifié sont posés et roulés, bien rangés, vides. Ces témoins peu nombreux vont se démener pour dire « Dieu parmi les hommes » et nous aussi, baptisés, c’est là notre mission.
En ce moment nous avons peut-être l’impression d’être dans un tunnel, on n’y voit rien, c’est absurde de croire qu’à la sortie tout sera pareil. A la sortie « comme à celle du tombeau » Dieu fait du neuf. A nous aussi d’inventer. Dieu me fait confiance : il faut donc que je fasse preuve de créativité et de bienveillance.

Au début de l’évangile proposé, Marie-Madeleine se rend au tombeau, ce sont les ténèbres. A la fin du récit, le disciple qui était arrivé le premier, mais qui avait laissé son ami Simon-Pierre entrer d’abord, pénètre à son tour dans le tombeau. Et l’évangile dit : « Il vit, et il crut. » Ce texte est la fondation de notre foi, une foi qui nous conduit des ténèbres à la lumière. Rappelons-nous dans l’évangile, toutes ces fois où Jésus a annoncé sa passion et sa résurrection, toutes ces fois où ses disciples n’ont rien compris. Ce n’était pas encore son heure. Déjà à Cana, lors du premier signe, il avait dit « Mon heure n’est pas encore arrivée ». Elle est bien là son heure, aujourd’hui, cette heure qui donne sens à toutes les écritures, cette heure qui donne sens à la vie des disciples, cette heure qui donne sens à toute vie humaine.
« Il vit et il crut ». Donne-moi Seigneur, de voir chaque jour les signes que tu mets sur ma route, et donne-moi de croire, vraiment ! Parce qu’alors rien ne peut plus être comme avant. Les ténèbres deviennent lumière, ma vie est transfigurée. Seigneur je crois que tu transformes les souffrances, les peines, les pleurs, les doutes, je crois que tu redonnes vie à jamais !

Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin et s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court en informer Simon-Pierre et l’autre disciple celui que Jésus aimait (par tradition : Jean) et leur dit  » On a enlevé le Seigneur de son tombeau.  » Les deux disciples se mettent en route et arrivent près du tombeau.
Observons le comportement différent des deux disciples. Jean, certainement par respect, laisse  Pierre entrer en premier, celui-ci constate que le tombeau est vide et découvre le linge ainsi que  le suaire roulé à part à sa place. Jean entre à son tour  » il vit, et il crut.  » Pour Jean, le tombeau vide et les linges bien rangés  sont des pièces à conviction, des preuves irréfutables de la résurrection de Jésus  car celui qui aurait enlevé le corps  n’aurait pas pris cette peine …  A savoir que les adversaires de Jésus  faisaient courir le bruit que le corps de Jésus avait été enlevé. Jésus ressuscité sort délié, il est pleinement libéré, son corps ne connaît plus d’entraves. A la différence de Lazare que Jésus a relevé d’entre les morts et qui est sorti lié, son corps était prisonnier des linges ayant servi  à son ensevelissement. La dernière phrase paraît étonnante « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.  » Le verbe falloir est important, comme dans les disciples d’ Emmaüs  » Leurs yeux  S’ouvrirent à l’intelligence des écritures (Luc 24-32).  » Face à ce tombeau vide, tout s’éclaire. Jusque là, de nombreux  aspects des écritures étaient restés obscurs. Le plan de Dieu se révèle subitement à eux. C’est parce que Jean a cru, qu’il donne sa foi sans hésiter que son esprit s’ouvre, qu’il relit les Écritures autrement. Comme dit St Anselme  » Il ne faut pas comprendre pour croire. Il faut croire pour comprendre. « 
A notre tour, nous n’aurons pas d’autres preuves que le tombeau vide ; bien sûr  il y a eu aussi les apparitions  de Jésus, mais le vrai témoignage est la transmission de ce message de génération en génération jusqu’à nos jours. La plus belle preuve que Jésus est vivant encore aujourd’hui, c’est la transformation des êtres et des communautés qui se laissent habiter par L’Esprit.