Partage dimanche 26 avril

Quel bonheur de retrouver ces disciples d’Emmaüs, si semblables à nous, surtout en cette période triste, il faut bien le reconnaître. A l’heure où nous apprenons que nos célébrations communautaires même à tout petit effectif restent interdites, nous pourrions être tentés par le découragement, à l’image de ces 2 disciples. Mais en ce dimanche, ils viennent nous rappeler que le Christ est là, proche de chacun de nous, qu’il nous éclaire par les écritures, qu’il nous illumine de sa présence, qu’il rend notre cœur tout brûlant, et qu’il nous envoie vers les autres. Alors certes, nous sommes privés du pain de l’Eucharistie, mais nous restons nourris du pain de la parole, et ce pain nous envoie vers plus triste que nous, plus démuni, plus fragile, plus solitaire. N’hésitons pas ! Ouvrons la porte de notre cœur, et sans rompre le confinement, allons à la rencontre de nos compagnons de route, par les moyens de communication qui sont les nôtres aujourd’hui, à l’image du Christ qui chemine avec chacun de nous, chaque jour !
Sabine Llido

On connaît ce passage de l’Évangile de Luc par cœur. Pourtant aujourd’hui (peut-être parce qu’en ce moment nous sommes privés d’Eucharistie !), j’ai remarqué la primauté de la Parole. Jésus explique les Écritures avant de partager le pain avec les disciples d’Emmaüs. Merci à nos frères protestants de nous avoir aidés à la découvrir. Merci à Vatican II d’avoir permis sa traduction en langue vernaculaire donnant ainsi à chacun la possibilité d’y accéder facilement. Tout baptisé peut ainsi exprimer son sacerdoce : prêtre, prophète et roi. Avec nos cœurs brûlants nous pouvons alors annoncer la Bonne Nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus pour notre salut et celui du monde.
Marie-Christiane Arléry

Deux personnes qui marchent…et en plus avec Jésus : belle image de déconfinement !
Ils me rappellent-avec un peu de nostalgie- mes marches sur le Chemin de Compostelle et toutes les belles rencontres vécues.
Jésus s’approche, marche, interroge, explique…va plus loin : quelle grande discrétion, quel soin attentif, il ne s’impose pas !
Jésus marche à mes côtés et je lui confie moi aussi mes tristesses, mes interrogations, mes espérances et mes joies. Comme ici, le partage de la Parole à plusieurs est pour moi premier, la condition même du partage du repas ; c’est la Parole qui rend le « cœur brûlant ». Pour moi l’eucharistie est fondée sur l’Evangile plus que sur une ritualité sacrificielle parfois figée. La force de la présence du Christ est dans une vie de relation, sur notre terre, dès aujourd’hui et nous en faisons l’expérience.
Marie Claude Perez

Saint Luc, merci pour ton art de construire et d’écrire qui nous transmet si bien cette merveilleuse  pédagogie de Jésus-le Christ!
Si tu nous le montres pédagogue avec les ‘pèlerins d’Emmaüs’ c’est sans doute pour nous dire très fort qu’il est pédagogue avec moi et tous mes frères, et quand nous ne savons pas le voir, d’autres ont eu la même lenteur avant… et -tu es très fort- tu nous expliques pourquoi : c’est peut-être que j’ai l’art de m’enfermer en tournant en rond sur mes expériences, surtout celles qui me tirent vers le bas où je ne peux être que triste. Et que fait Jésus avec moi? Il ne me dit pas ‘tu fais n’importe quoi’, il m’interroge simplement : ‘qu’est-ce qui te tracasse’?   Et petit à petit, j’avance sans comprendre qu’il est bien là, l’Écriture ça a l’air de compter fort dans tout ça, et peut-être je finirai par dire : c’est bien lui qui est à mes côtés! A mes côtés seulement? Évidemment non, si toi saint Luc tu nous  présentes deux témoins, c’est bien sûr que je marche avec mes frères en humanité vers cette reconnaissance ; et pour quoi faire? Vivre ensemble le partage à tous points de vue, c’est-à-dire accueil de l’autre et don de soi, dont Dieu seul peut me donner le désir et la force.
Dominique Pain

« Ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé »
Les 2 disciples, et c’est tout à fait humain surtout quand on a mal, ont besoin de parler, sans cela la vie serait vraiment tragique. Ils quittent Jérusalem, déçus un peu comme beaucoup de croyants aujourd’hui quittent l’Eglise qui n’a pas répondu à leurs espoirs ou à leurs attentes. Et la vie continue…. Chacun de nous a sa propre Jérusalem quelque part dans sa vie, un endroit qui fait mal, une expérience douloureuse : une blessure, un échec, une relation ratée, une déception profonde… des expériences qui nous poussent à partir, à chercher un ailleurs moins triste et moins sombre… vers un Emmaüs, ville que les historiens n’ont jamais pu fixer sur une carte. Emmaüs, ce lieu idyllique, est sans doute introuvable. Car le sens de la vie n’est pas dans une destination mais dans un itinéraire. Le sens de la vie se trouve sur le chemin.
« Et tandis qu’ils parlaient, Jésus lui-même s’approcha et marchait avec eux. »
 Je remarque que ce ne sont pas les hommes qui s’approchent du Ressuscité mais c’est le Ressuscité qui a l’initiative de s’approcher, il se fait proche de l’homme blessé. Dieu que toutes les religions ont assigné à résidence dans le ciel ou dans un tabernacle, le Ressuscité rejoint les lieux profanes où se jouent les destinées humaines. Ce cheminement le Ressuscité le fait à leur rythme, à leur pas.
« Mais leurs yeux étaient aveuglés et ils ne le reconnaissaient pas. »
Emprisonnés dans l’épreuve, les 2 disciples ne peuvent rien voir d’autre, de neuf. Oui, il est bien difficile de voir quand on s’enferme dans sa propre douleur. Il m’est difficile de reconnaître Dieu lorsqu’il ne se manifeste pas à l’homme blessé avec toute sa puissance mais qu’il vient incognito, dans la discrétion.
« De quoi causiez-vous donc tout en marchant ? »
Le Ressuscité les invite à parler, à raconter. J’y vois une invitation pour ma prière, ce temps où je parle à Dieu comme un  ami parle à son ami, à lui raconter ce qui fait ma vie : mes joies mais aussi, ce qui me fait mal et même parfois mon rejet de lui ?
« Toutefois quelques femmes qui sont des nôtres nous ont bouleversés, s’étant rendues de grand matin au tombeau n’ayant pas trouvé son corps, elles ont même eu la vision d’anges qui le déclarent vivant. » 
Je remarque qu’il est difficile pour les hommes, les mâles de voir dans le tombeau autre chose que du vide ! Et pourtant le tombeau n’est-il pas la crèche d’un monde nouveau ? Est-ce à cause de cela que seules les femmes ont été les premières à entrevoir cet Autre du monde.
« Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. »
Quand le Ressuscité voit nos vies reprendre le goût de l’espérance et de la confiance, il peut se retirer. Beau respect de ma liberté qu’il ne veut en aucun prix violenter.
« Reste avec nous »,  Je remarque que le Ressuscité se laisse inviter à la table des hommes comme il l’avait fait sur les routes de Palestine.
« A l’instant même ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. » « Se levèrent » : littéralement ce verbe signifie « ressusciter ». C’est l’heure de la résurrection car ils ont reçu les 2 signes de la résurrection : la Parole partagée et le pain de la fraternité. C’est à eux maintenant de se sauver mutuellement, c’est-à-dire de reprendre la route et d’aller vers leurs frères annoncer la Bonne Nouvelle à Jérusalem, dans ce lieu d’échec et de souffrance. C’est là qu’éclatera la joie : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité ! »
Jacques Chanut

Vous m’avez reconnu à la fraction du Pain !
Me voici vers Emmaüs de quoi avez-vous peur ?  Écoutez votre cœur !
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
Anne-Elisabeth Chéron

En revoyant cette scène, de ces 2 hommes qui papotent, sur le célèbre chemin d’Emmaüs, je pense à mon voisin, lui aussi il aime papoter. De rien, de 3 fois rien, il va me parler 1 heure. Actuellement  et pour cause, évidement je l’évite, me tiens à distance, mais bon, rien n’y fait. Dès que je suis dans le jardin, il arrive et ça démarre. Moi qui de nature suis assez réfractaire au  papotage,  j’ai retrouvé peu à peu avec lui, un certain plaisir, surtout qu’en fait on parle de tout, sauf du mal du  voisin. Nos  conversations sont banales, très banales, mais elles ont cette magnifique  caractéristique et surtout par les  temps qui courent, c’est d’être « décontractante », on ne se tord  pas le cerveau.
En  revisitant ces moments le soir avant de clôturer la journée dans la prière, je rends grâce  pour  tous ces petits moments sympathiques. Dans un 1er temps, j’en  souris  bien  souvent, je revois la scène , bien sûr ce ne sont pas des moments d’un haut niveau spirituel, mais ils respirent L’Amitié, le Respect, l’Humour, bref le parfait remède contre la morosité ambiante du  coronavirus.
Merci et Merci mon cher voisin, pour ces petits moments, de banalité, ils sont devenus Grâce,
 » Reste avec nous Seigneur « .
Jean-Pierre Ricome

C’est une apparition aux premiers disciples qui, avec les autres, a construit la foi de l’Eglise en la Résurrection. Mais qu’est-ce cette apparition m’apporte en plus pour moi, aujourd’hui? je ne bénéficie pas d’apparition…
Deux pèlerins tristes, découragés quittent  le lieu de prière et la communauté des disciples. Fuient-ils? Comme moi parfois? Dans ce désarroi, le Christ les rejoint, engage l’échange de manière anodine : « de quoi parlez-vous? »  Il crée alors chez les pèlerins de la surprise et de l’intérêt pour l’instant, le Christ recentre les pèlerins sur l’instant. Il leur permet de dire leur vécu et leurs souffrances. Ceci met à distance les faits et ouvre à une nouvelle relecture basée sur les écritures, le plan de Dieu : « Oui, il fallait que tout cela arrive pour que le Christ entre dans sa gloire » Et cette relecture ouvre à la joie: « notre cœur n’était-il pas brulant? » : Ma vie a une sens pour Dieu. Les disciples veulent retenir cette présence et le Christ accepte d’aller un peu plus loin avec eux dans un  cœur à cœur où il se dévoile, se donne, permet de toucher sa présence par le pain rompu : expérience d’un instant qui emplit les disciples de force et de joie. Ils peuvent « à l’instant même » retourner vers le lieu de prière et la communauté pour témoigner.
C’est pour moi, un peu pareil dans certaines prières…
Martine  Vercambre

Cet évangile des pèlerins d’Emmaüs est parmi ceux que je préfère à cause de la délicatesse avec laquelle Jésus se fait reconnaître de ceux qui le croient vraiment mort. Un dévoilement progressif de cet étranger qui chemine avec eux ; cette expérience des disciples sonne juste, et même après tant de temps elle me confirme cet élan qui en moi me fait penser et dire : Jésus est ressuscité. Au travers chacune de nos vies, nul doute que pour chacun d’entre nous Jésus sait discrètement se dévoiler…pas toujours facile de le reconnaître ! Luc
Luc Le Moal