PARTAGE du dimanche 3 mai

Lorsque je relis cet évangile je suis plongée dans mon enfance. Je revois mon grand-père ouvrir grand la porte de la bergerie chaque matin et appeler ses brebis à sortir. Certaines plus paresseuses auraient préféré rester dedans, après s’être assuré qu’elles n’étaient pas malades, il les poussait pour qu’elles rejoignent les autres qui étaient beaucoup plus enthousiastes à sortir puis il les conduisait au pâturage. Le soir venu mon grand-père ramenait le troupeau, il se tenait à la porte de la bergerie, comptait ses brebis pour s’assurer qu’il n’en manquait aucune et fermait la grande porte pour les mettre à l’abri d’éventuels prédateurs…
Ici la porte est grande ouverte ce n’est pas une porte étroite. Elle est grand ouverte pour que le grand nombre de brebis qui ont reconnu la voix du berger puissent passer cette porte en hâte et le suivre en toute confiance.
Dans mon souvenir, cette porte qui s’ouvre inonde la bergerie de lumière, elle permet de sortir de l’enfermement de la nuit et ouvre sur la perspective de cheminer vers de vastes pâturages guidé par la voix du berger. Pour moi toute l’espérance chrétienne est là !
En cette période de confinement qui nous éloigne physiquement de la communauté, ne permettons pas aux voleurs et bandits d’entrer par effraction, eux qui par la peur et l’angoisse nous poussent au repli sur soi. Laissons-nous plutôt bousculer comme la brebis paresseuse par la voix de ce bon berger, il nous ouvrira alors grand la porte de cette Parole de vie qui permet à Dieu de venir partager nos quotidiens.
 Corinne Martin                  

Au grand portail de la cathédrale d’Amiens se tient ‘le beau Dieu’ (merveille de la statuaire gothique représentant le Christ), celui-ci n’est pas au-dessus dans l’énorme et magnifique tympan (où se trouve une autre représentation du Christ au Jugement dernier), mais juste à la porte : il tient le livre de l’Évangile d’une main, de l’autre il bénit : il écrase à ses pieds le lion et le dragon, symbolisant le mal vaincu par sa mort et sa résurrection…
‘Je suis la porte des brebis…’, le passage par ma porte leur permet d’aller et venir librement, elles ne sont pas des ‘moutons’ suivant un gourou… je suis lumière pour elles, la lumière qui signifie que le mal n’a pas le dernier mot, que l’amour ne peut pas passer.
Seigneur Jésus, viens éclairer les ravins de nos morts et nous garder de suivre les mauvais bergers. Éclaire-nous par ta parole et bénis nous.
Dominique Pain

Ce texte a souvent tenu en échec mon esprit terre à terre, trop cartésien. Le Christ est-il le pasteur qui entre par la porte ou la porte elle-même?
Tout devient plus compréhensible pour moi si je mets derrière l’image de la porte, Dieu le Père. Le Père  permet à son fils le Christ d’être le pasteur par excellence, celui qui aime chacune de ses brebis (Israël/Eglise), qui prend soin d’elles en les menant vers ce qui est bon. Et le Christ aime aussi toutes les brebis, tous les hommes sans limite.
Dans la seconde partie du texte, le Christ est aussi la Porte, le portier (il est dans le Père et le Père est en lui.) Le troupeau doit passer par la porte souvent étroite de la bergerie soit pour aller vers le repos, soit pour aller vers l’extérieur, les pâturages. Ce passage obligé, 2 fois par jour, permet au portier de compter le troupeau et de porter attention à l’état de chacune des brebis. Un lien, une connaissance réciproque nait de ce passage régulier entre le portier et chacune des brebis.  Et si ce passage pouvait être mes moments de prière qui me permettent d’aller soit vers la paix du soir, soit vers le monde le matin et qui m’attachent au Seigneur?
Mais la porte, le portier contrôle aussi ceux qui entrent dans la bergerie: les bons pasteurs passent par lui, écoutent sa voie, ce sont tous ceux qui s’occupent des autres en lien avec l’Esprit du Christ.
Les mauvais, ceux qui ne passent pas par le Christ pour mener le troupeau, qui usurpent le droit de mener sont des voleurs et des bandits : les Pharisiens à l’époque et ma pomme chaque fois que je mène les autres sans profonde union avec la volonté du Seigneur…
Martine Vercambre

Au fond la grande critique que Jésus adresse aux pharisiens, c’est de manipuler le peuple. Par une sur application de la Loi  consciemment ou inconsciemment ils mettent la main sur Dieu, à sa place : ils déclarent qui est juste devant Dieu et ils mettent la main sur les femmes et les hommes qu’ils jugent tout à fait irresponsables dans leurs choix de vie.
Jésus va tout faire pour les libérer de cette façon de voir mais avec l’insuccès que nous savons….
 Malheureusement ce combat aujourd’hui est bien loin d‘être terminé et les visages de l’esclavage sont de plus en plus diversifiés.  Inconsciemment, insidieusement, nous sommes manipulés par les médias, les publicités, la consommation, la production… On manipule nos goûts, nos envies, et nos désirs, nos choix politiques, et nos orientations personnelles jusque dans nos choix religieux. 
Comme vous le voyez, les pharisiens modernes sont de plus en plus puissants. En nous laissant enfermer dans leurs filets nous perdons notre dignité et tout ce qui fait la grandeur de l’homme. Oui, plus que jamais il est urgent de réagir, de lutter contre toutes les formes d’asservissement, de trouver une porte de sortie. Et une de ces portes c’est l’Evangile non pas comme doctrine mais comme projet de vie…
Jésus aujourd’hui se présente comme la porte, non pas la porte qui se referme derrière nous comme un piège, mais une porte qui s’ouvre vers les grands espaces de liberté, il nous fait sortir précise l’Evangile,  pour passer du bercail vers les bons pâturages, pour aller et venir. C’est à dire alterner dans nos vies rencontres avec ceux qui nous entourent mais aussi temps de ressourcement auprès de Lui…comme il le faisait avec ses disciples…
Me voilà invité  à devenir « porte », une porte semblable à lui ? Il serait bon de se demander ici « quel genre de porte suis-je ? »
Une porte méfiante, avec un judas pour examiner la tête de l’individu qui se présente ?
Une porte épaisse munie de chaînes, de cadenas, c.-à-d. la porte de celui qui a peur et s’enferme ?
Suis-je une porte fermée, où je reçois sur le seuil ?
Suis-je une porte entrouverte pour faire sentir que l’on dérange ?
Ou enfin une porte largement ouverte laissant apparaître un visage souriant ?
…Suivant les moments de la vie, je suis chacune de ces portes…
Jacques Chanut

« Le berger des brebis les appelle chacune par son nom. Les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Elles ne connaissent pas la voix des étrangers … »
Seigneur, en ce temps de pandémie et de confinement, en ce temps d’inquiétudes et d’incertitudes, beaucoup de voix s’élèvent, et nous avons le temps de les écouter, de les méditer, de nous interroger. Donne-nous de discerner, parmi toutes ces voix, celles qui viennent de Toi. Donne à chacun de reconnaître, dans ce méli-mélo d’informations, dans ce tumulte de voix, Ta voix.
Tu es le chemin, la vérité, la vie. Tu es la porte, et tu appelles chacun de nous par son prénom.
Donne-nous Seigneur d’entendre ta voix, ouvre nos oreilles, nos yeux, nos cœurs.
Alors nous pourrons accueillir la vie que tu nous donnes !
« Je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance »
Seigneur, Tu m’appelles par mon prénom, donne-moi de te suivre, sur le chemin où tu me conduis.
Donne-moi d’avancer, dans la confiance, ôte de moi toute peur. Seigneur, que ta volonté soit faite !
Sabine Llido

Quelques idées  L’image du berger est familière : Le roi David, l’évangile de la brebis égarée, le psaume 22 etc…
Dans la bible, le berger rassemble le troupeau, lui donne son unité, le protège du danger et le conduit vers le bon pâturage. Le berger suprême est le Christ, également agneau immolé en sacrifice.
Le  Berger dit une parole qui vient de Dieu, une Parole créatrice qui remue le cœur.
Celui qui entre par la porte, qui est la porte, là est le vrai pasteur, c’est celui qui prend soin de chacune de ses brebis, il les appelle chacune par leur nom, celui du baptême, chacune est unique à ses yeux. Si une brebis est blessée, il la guérit et la sauve. Il donne sa vie pour elle et la donne en surabondance.
Il pousse ses brebis hors de l’enclos, les fait sortir de leur enfermement, et leur demande d’être missionnaires (Eglise en sortie du Pape François).
Suivre Jésus, c’est  marcher selon la voie qu’il nous a enseignée, vivre l’évangile au quotidien, en Eglise en tant qu’elle est corps du Christ, le troupeau (St Paul).
Le même Esprit anime toutes les brebis qui sont un Esprit d’Amour.
En ce dimanche de Bon Pasteur, l’Eglise nous invite à prier pour les vocations.
Vivianne Le Duff

Jésus nous dit : « Moi je suis la porte, si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. »
Même quand nous savons et croyons, depuis notre enfance, que le Seigneur nous aime et nous accompagne tout au long de notre vie, nous restons aussi longtemps que nous vivons sur terre : humains et pécheurs.
Tout au long de nos journées, nos pensées, nos paroles, nos actions, nos omissions se succèdent. C’est trop souvent que nos sentiments, nos peurs, nos émotions, notre désir d’avoir raison, nous font spontanément escalader sans passer par la bonne porte… sans écouter la voix du Seigneur.
Chaque jour, au réveil, demandons Lui de nous aider tout au long de la journée à savoir prendre le temps de passer par la bonne porte, au lieu d’escalader, face aux évènements auxquels nous devons faire face. Au soir, sachons remercier le Seigneur d’être resté auprès de nous, même lorsque nous avons ignoré sa présence. Il nous pardonne toujours si nous sommes sincères et désirons mieux faire
Monique Autes

Prière proposée par les « Amis de Sabeel »
(Association de Solidarité avec l’ensemble des églises présentes en Palestine-Israël)
Dieu de patience et d’amour, nous voici aux grilles du confinement et essayons de voir ce qui se trouve derrière.
Nous continuons à définir nos propres comportements, nous imaginant savoir ce qui est le mieux pour nous, et nous sommes sourds à la voix du seul Berger qui nous guidera vers la paix et l’espérance.
Nous errons sans but, puis nous nous demandons pourquoi nous nous égarons à ce point.
Aide-nous à nous arrêter pour écouter la voix du Berger, et à mettre notre confiance dans ce Berger qui ne nous a jamais déçus, qui aime et qui guide nos vies.
Pardonne-nous notre entêtement et notre stupidité.
Nous te le demandons au nom du Christ.
Amen
Bernard et Renée Comeyras