Vincent et moi avons eu la chance, grâce à Luc, notre curé, de pouvoir passer cinq jours à En-Calcat, l’abbaye bénédictine : tranquillité, prière, eucharistie, enseignement autour de la figure de saint François de Sales, temps fraternel, repos, repas en silence, marche jusqu’à ‘la capelette’, la petite chapelle qui surplombe la vallée. Il est important de prendre des temps de ressourcement, car souvent, la mission, la vie quotidienne, la routine, peuvent embrunir notre quotidien. La retraite est ce moment où nous revenons à l’essentiel, au Christ, normalement, c’est le tout de notre vie, c’est pour cela que nous avons donné notre vie à Dieu par l’ordination, mais nous pouvons prier avec d’autres choses en tête, nous pouvons accomplir notre ministère d’une manière mécanique, sans cœur. La retraite nous permet de revenir à cet intimité avec Dieu, de relire notre ministère sous son regard d’amour, de reprendre des forces afin d’être vraiment à votre service, au service de la communauté, au service du monde. Et j’ai envie de vous partager quelques phrases entendues durant la retraite qui sont toujours bonnes à se redire : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » saint Augustin ; « Ne perds par l’occasion de voir quelque chose de beau, car la beauté, c’est la signature de Dieu » saint François de Sales. « Rien ne peut empêcher Dieu de nous aimer » saint François de Sales ; « Notre coeur est le jardin de Dieu » saint François de Sales.
Quelques phrases qui sont à méditer, à se répéter, voire à apprendre par cœur, mais prendre le temps de les comprendre, de les vivre, cela prend du temps, cela ne se fait pas tout seul. C’est d’ailleurs pour cela que le temps ordinaire, le temps liturgique où le prêtre s’habille en vert à la messe, c’est le temps de la croissance : laisser les phrases, les fêtes et leurs mystères germer et féconder notre vie. Nous avons besoin de ce temps, qui n’est pas un temps de repos mais un temps de croissance, pour mieux être en cohérence entre ce que nous disons, ce que nous pensons, et ce que nous faisons.
P. Matthieu
