Jésus parle à la foule pour expliquer le royaume. Il parle en paraboles, c’est-à-dire en images qui rejoignent le quotidien, qui vont droit au cœur. Le royaume n’est pas pleinement accessible, il reste un concept abstrait mais Jésus essaie d’en dévoiler le mystère. La fin du texte nous dit que Jésus annonce la Parole dans la mesure où la foule est capable de l’entendre. Mais à ses disciples, il explique tout en particulier. Et pourtant, combien de fois dans l’évangile s’est il énervé contre ses disciples en leur disant qu’ils sont lents à croire et à comprendre ! Jésus parle au cœur de chacun, en tenant compte de son chemin, de sa capacité à entendre. Mais chaque personne reste libre d’ouvrir ses oreilles, d’ouvrir son cœur pour accueillir la parole, ou de se fermer et de tout refuser. Ce que j’entends de cette parole aujourd’hui, c’est que tout est don. Si j’accueille la semence, si je la mets en terre, d’elle-même elle donnera du fruit. Cela me sera donné. Je ne peux pas évaluer moi-même la nature et la quantité des fruits, c’est-à-dire les conséquences de mon choix d’accueillir ce trésor. L’image de la toute petite graine de moutarde devenue refuge pour de nombreux oiseaux (qui rejoint d’ailleurs l’image de la ramure du cèdre évoquée dans la 1ère lecture) laisse entrevoir combien le royaume, petite graine semée en notre monde, pourra porter du fruit et procurer joie, paix, bonheur (celui des béatitudes) à tous ceux qui mettront en lui leur espérance, dès aujourd’hui, ici même ! Au cœur de notre quotidien, dans la confiance, rendons grâce pour ce don qui nous est fait !
« Le royaume de Dieu »: la vie de tout à chacun et ensemble avec Dieu. « Comme d’un homme qui jette la semence »: l’homme doit jeter la semence, pour permettre au royaume de naître. Dieu demande notre participation, Il respecte notre liberté. « Que l’homme dorme ou se lève, la plante grandit » : Dieu est maître de la Vie, de la vie biologique et de notre vie spirituelle avec lui et pour les autres. « Il ne sait pas comment » : Aujourd’hui encore l’homme sème des graines mais la science ne sait toujours pas ce qui est à l’origine des évolutions, du contrôle des formes et des réparations. La vie biologique est donnée. Il en est de même pour la réalisation du royaume de Dieu, notre vie avec Dieu, nous coopérons mais nous ne savons pas exactement comment cela se réalise. La graine de moutarde est effectivement une toute petite graine. Chez nous, les variétés de moutarde sont herbacées. Mais il existe une variété arbustive en Palestine. L’arbre relie le ciel et la terre. Dans de nombreuses religions, l’arbre symbolise le lieu où Dieu se révèle à l’homme. Voir, par exemples, l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ou encore Nathanaël sous le figuier (qui étudie les écritures…) Les oiseaux du ciel y font leur nid. L’arbre est à la fois un asile pour les oiseaux mais aussi symboliquement un lieu de ressourcement pour l’homme en Dieu.
Pour moi aujourd’hui : Si, chaque jour, je cherche le Seigneur et sa volonté, Il vient, de plus en plus, m’habiter de sa présence pour que je fasse de mieux en mieux sa volonté et Il me donne sa paix et sa joie, tout en me maintenant dans la confiance.
Martine Vercambre
Fidélité, grandeur et humilité de Dieu.
La fidélité : Les textes de ce jour nous en rappellent le sens profond en des termes parlant pour ce peuple : la semence, la ramure, l’arbre… Dans la première lecture, le prophète Ezékiel s’adresse au peuple en exil à Babylone qui a perdu son roi, sa terre, son temple ; il vit sur une terre étrangère mais il continue à croître car Dieu veille sur lui et lui promet le retour d’exil. Ainsi parle le Seigneur Dieu : » A la cime du grand cèdre, je prendrai une tige au sommet de la ramure… Sur la haute montagne d’Israël, je la planterai… Elle portera des rameaux et produira du fruit… » Dans le passage d’évangile, Jésus disait à la foule : » Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se repose, la semence germe et grandit. » Notons ici la prévenance du Seigneur qui pourvoit au besoin essentiel de l’homme, la nourriture terrestre et spirituelle.
La grandeur de Dieu et son humilité : Au début, le peuple d’Israël ne pouvait imaginer le règne de Dieu qu’en termes de souveraineté. Dans cette optique, dire » A toi la puissance er la gloire » revient à dire « C’est toi le plus fort. » Ce paradoxe parcourt toute la Bible car Dieu choisit pour conduire son peuple, Moïse, un homme qui a des difficultés à s’exprimer et un couple stérile Abraham et Sara pour porter une descendance aussi nombreuse que le sable de la mer. Dieu accorde à un petit berger de vaincre le géant Goliath. C’est à Bethléem, petit village insignifiant duquel sortira le Fils de Dieu. A travers l’échec apparent de la crucifixion du Christ, c’est au contraire le triomphe de la vie sur la mort car Dieu l’a ressuscité ! Quoi de plus grand que la divinité de Dieu ? Quoi de plus petit qu’une graine de moutarde ? Quoi de plus extraordinaire que l’humilité de Dieu fait homme qui donne sa vie pour nous sauver ?
Quel message pour nous aujourd’hui ? L’espérance et la persévérance. L’expérience du peuple d’Israël en exil, c’est aussi l’expérience d’une Église petite et faible qui s’est répandue grâce à des témoins jusqu’aux confins de la terre. Et pourtant, nous connaissons le temps de l’épreuve, d’être seuls » dans cette vallée de larmes, d’être une petite graine de moutarde perdue dans un monde où nous avons l’impression de » prêcher dans le désert », un petit reste de croyants dans une société matérialiste où l’on ne croit plus, où l’on n’espère plus… Les textes de ce jour ravivent en nous l’espérance, fortifient notre foi, nous révèlent » qu’il faut un temps pour tout, un temps pour semer, un temps pour moissonner, un temps pour mourir et revivre à la vie en Dieu … Prenons conscience que nous sommes chacun d’entre nous indispensable à la construction du royaume de Dieu. Ne nous lassons pas de semer la semence que sont les valeurs évangéliques, essayons d’en vivre pour être des témoins de l’amour du Seigneur qui agit dans le cœur de chacun. Pour conclure, sachons regarder autour de nous et nous émerveiller des petits miracles du quotidien : un geste, une parole, un regard bienveillant, admirons la création et rendons grâce.
Marc, dans cet Évangile, nous invite à croire en la force de l’amour de Dieu; un amour assez fort pour respecter la liberté de l’homme. Dieu a choisi de semer des graines de paix, de justice, de bonté, de pardon dans le cœur de tous les hommes. Il sème partout et sans cesse, même si les grains ne sont pas toujours accueillis dans les meilleures terres. Ces paraboles sont une invitation à la confiance, à la patience et à la persévérance.
Regardons les témoignages des chrétiens martyrisés en Irak, en Syrie, en Lybie… Ils refusent de répondre à la violence par la violence. Fragile pousse qui un jour portera ces beaux fruits du ‘’vivre ensemble’’ dans le respect des convictions de chacun. Regardons ceux et celles qui vont au secours de tous ces migrants qui fuient leur pays en guerre, et qui font tout pour les sauver du naufrage en méditerranée. Semence de fraternité qui nous provoque à mettre en pratique la parole de Dieu : ‘’Qu’as-tu fait de ton frère ? Sois le gardien de ton frère’’. Regardons ces gestes de générosité, de gratuité, de solidarité, qui se vivent à chaque instant, que nous vivons. Que serions-nous sans un regard d’amour, sans une parole de confiance ? Que deviendrions-nous sans ces paroles échangées et qui commencent souvent par : s’il te plait, merci, pardon. OUI notre vie peut devenir ce magnifique jardin où Dieu a placé la plus belle des semences, celle de son Amour. L’Évangile est une école du regard. Voir le monde, voir les situations, les problèmes, tout, avec les yeux de Dieu. Saurons-nous choisir, dans l’agitation de nos semaines avant les vacances, ce qui est essentiel : se reconnaître enfants de Dieu, follement aimés par un Père qui n’est qu’amour et pardon, et qui dit à chacun de ses enfants : ‘’Tu es une merveille’’ ? Se reconnaître frères et sœurs les uns des autres et tout faire pour que vienne le Royaume de paix et d’amour que Dieu nous offre.
« Il est bon de rendre grâce au Seigneur »
Pour toutes ces semences enfouies, à profusion, qui germeront et donneront du fruit…et nous ne savons pas comment !
Pour les arbres qui abritent les oiseaux du ciel, bienheureuse protection pour être encore plus présent au cœur de notre monde
Pour ce temps où nous sommes dans notre corps, comme le dit Paul; il nous permet la joie de la rencontre avec nos frères
Pour ces images simples et vraies, ces paraboles que nous ne sommes bien souvent plus capables d’entendre et en savourer la profondeur.
La défiance, le soupçon, la solitude et désespérance cherchent à étouffer la petite graine d’amour, Jésus, lui, nous aide à garder confiance.
